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Languedoc Roussillon |
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6 289 km2
massif de Madres (2 471 m).
Carcassonne - 3 arrondissements - 34 cantons - 437 communes.
298 712 hab. (recensement 1990)
Le territoire du département était peuplé par des colons grecs et des tribus celtes (Volques, Tectosages et Atacini), lorsque les Romains y fondèrent, en 118 avant J.-C., une importante colonie, "Narbo Martius", qui devint la capitale d'une belle et fiche province, la Narbonnaise. Les invasions barbares vinrent mettre un terme à la prospérité gallo- romaine : au 5ème, les Wisigoths envahirent le pays et choisirent Narbonne comme capitale; au 8ème, les Sarrasins s'en emparèrent et n'en furent chassés qu'en 759 par Pépin le Bref Charlemagne créa le duché de Septimanie qui devint marche de Septimanie. Au 10ème, le pouvoir féodal s'organisa : comté de Lauragais, vicomte de Narbonne, vicomté de Carcassonne appartenant aux Trencavel. Au 12ème, l'hérésie cathare se propagea et donna lieu à une croisade sanglante menée par Simon de Montfort. Après les massacres de Béziers et la chute de Carcassonne, en 1209, Montfort s'appropria les terres de Trencavel. L'Inquisition et les exécutions marquèrent la fin de l'épopée cathare. La croisade eut pour conséquence le rattachement du Languedoc à la Couronne, en 1271. Les guerres franco-anglaises causèrent de nouveaux ravages. Au cours des guerres religieuses du 16ème, et du 17ème, le Languedoc connut des heures difficiles et fut un des principaux centres de la résistance huguenote. Ayant tenté de soulever le Languedoc contre le pouvoir de Richelieu, le duc de Montmorency fut battu à CasteInaudary et exécuté à Toulouse, en 1632. En 1907 eurent lieu les émeutes de vignerons menées par Marcellin Albert.
Le département sert de lien entre les Pyrénées et le Massif central, entre l'Aquitaine et le bas Languedoc, entre l'Atlantique et la Méditerranée. Au nord, la Montagne Noire se rattache au Massif central, prolongement méridional de la chaîne des Cévennes qui se dresse à 1 210 m au pic de Nore; elle est formée de plateaux de granit, schistes et gneiss, inclinés vers le midi; les profondes vallées s'élargissent en descendant vers la mer; les coteaux du Minervois font office de contreforts. Au sud, les Pyrénées audoises comprennent le massif granitique du Madrès et le plateau de Sault, constitué de roches sédimentaires entaillées de gorges sauvages. Les Corbières constituent la transition entre le Massif central et les Pyrénées; leur constitution géologique diversifiée détermine un relief très accidenté : le massif du Monthoumet occupe un noyau central primaire, autour duquel s'ordonnent des collines moyennes, de hautes terres dénudées et des ravins encaissés. Au centre, les plaines de l'Aude et du Fresquel, étroites et doucement ondulées, servent de voie naturelle de passage entre la Méditerranée et l'océan; à l'ouest, elles s'ouvrent sur les coteaux du Lauragais qui, par le seuil de Naurouze, communiquent avec le Lauragais toulousain; à l'est, les plaines forment le littoral méditerranéen, vaste étendue de sable fin interrompue par les étangs maritimes reliés à la mer par des canaux, "les graus". Le climat, de type méditerranéen, reçoit quelques influences montagnardes et océaniques. Il est affecté par un vent humide et chaud, le "marin", et par le "Cers", vent sec lorsqu'il descend du Massif central, humide lorsqu'il vient de l'Atlantique. L'agriculture est la principale ressource de l'Aude : céréales dans la vallée de l'Aude et la Montagne Noire, élevage et exploitation forestière sur les hauteurs des Corbières et des Pyrénées; vigne dans les plaines et sur les coteaux. L'industrie a conservé ses formes traditionnelles. La nature L'Aude est une terre de contrastes. De la mer à la montagne, elle présente une extrême variété de paysages ensoleillés. Les collines du Lauragais sont consacrées à la polyculture et aux céréales, celles du Razés Limouxin, plantées de vigne, produisent la célèbre blanquette de Limoux (le plus vieux vin mousseux du monde). Les hauteurs arides des Corbières sont occupées par la garrigue; les coteaux plus fertiles, par la vigne, qui produit des vins de qualité. Les Pyrénées audoises se couvrent de superbes et sombres forêts de sapins; des gorges grandioses (défilé de Joucou, de l'Abble, de Pierre- Lys, de Saint-Georges) accentuent leur caractère sauvage. La Montagne Noire allie de belles forêts à des prairies verdoyantes et à des étendues arides; elle offre l'aspect de hauts plateaux entrecoupés de vallées profondes. Le Minervois est une succession de vallons et de coteaux rocailleux que la vigne a colonisés. Le littoral méditerranéen étend ses plages de sable fin sur 47 km; les étangs aux eaux saumâtres (Sigean, Bagès, Leucate, Lapalme) gardent une physionomie particulière. L'Aude offre aux pêcheurs des possibilités en mer, en étang ou dans les cours d'eau de première ou deuxième catégorie; les chasseurs y trouvent un gibier abondant et varié. Enfin, la gastronomie de notoriété mondiale offre une cuisine et des produits colorés : vins, cassoulet, foie gras et confits, tourons et pâtisseries.
Le département possède de très nombreuses grottes contenant d'intéressants vestiges préhistoriques (Bize, Caunes, Limousis, Salléles- Cabardés). Il existe d'abondants monuments. mégalithiques dans les Corbières et le Minervois. Narbonne conserve d'importants vestiges gallo-romains et de nombreux sarcophages d'Aquitaine, rares témoins de la période pré-romane. L'architecture romane a laissé les ruines de la cathédrale d'Alet, les église abbatiales de Lapasse, Saint-Papoul et Fontfroide, la nef de la basilique Saint-Nazaire de Carcassonne et les églises de Caunes-Minervois, Rieux- Minervois, Escales et de Saint-Etienne de Vaissiére à Azille. L'église Saint-Paul-Serge de Narbonne révèle la pénétration précoce du gothique. Le chevet de la basilique Saint- Nazaire, les cathédrales Saint-Michel de Carcassonne et Saint-Just de Narbonne, les églises de Ginestas, Montréal, Castelnaudary et Limoux, les cloîtres des abbayes de Fontfroide et de Saint-Hilaire consacrent le triomphe du gothique languedocien. Le Moyen Age a produit une floraison de châteaux forts : Miraval, Saissac et les quatre châteaux de Lastours dans la Montagne Noire; les châteaux de Puivert, de Quéribus, Termes, Puilaurens, Peyrepertuse, les cinq "fils de Carcassonne", formaient une ligne de défense face à l'Aragon : ces ruines émouvantes gardent le souvenir des heures tragiques de l'épopée cathare. La cité de Carcassonne reste le plus parfait exemple d'architecture défensive, avec ses tours, ses portes, ses hautes murailles et ses vieilles maisons. Il faut aussi citer le donjon d'Arques, le château de Chalabre et celui des sires de Joyeuse, à Couiza, le palais des archevêques et les vieux quartiers de Narbonne, l'ensemble 17ème et 18ème de la ville basse de Carcassonne, le moulin de Cugarel à Castelnaudary, de vieux bourgs pittoresques (Lagrasse, Lasserre, Gruissan, Lauraguel, Montréal, Puivert) et les beaux villages des Corbières et du Minervois.

5 848 km2
l'Aigoual 1 567 m.
Nîmes. 3 arrondissements, 45 cantons, 353 communes.
585 049 hab. (recensement 1990)
De nombreux vestiges témoignent de la permanence de l'habitat tout au long de la période préhistorique. Peuplée par la tribu des "Volques Arecomici", la région connut une grande prospérité sous la domination romaine. Nîmes, l'antique Nemausus, devint une des villes principales de la Narbonnaise. Les invasions barbares causèrent un certain déclin et la ruine de l'oeuvre romaine. Le christianisme fut introduit par saint Baudile. L'évêché de Nîmes fut créé dès le 4ème, celui d'Uzès au 5ème. Dès cette époque, les abbayes de Saint-Baudile, Psalmody et Saint-Gilles commencèrent à étendre leur puissance. C'est au 9ème que s'organisa la féodalité. Incorporé au comté de Toulouse, le territoire du Gard fut partagé entre divers seigneurs (vicomtes de Nîmes, seigneurs d'Anduze, Sabran, Sauve, Sommières, Uzès). La région nîmoise fut entraînée dans l'hérésie albigeoise, à l'issue de laquelle le comté de Toulouse fut rattaché à la France, au 13ème. La réforme trouva dans la région cévenole un terrain particulièrement favorable. Les guerres de Religion y furent acharnées et longues. Au 17ème, le duc de Rohan, chef des protestants, souleva le pays et établit son quartier général à Anduze. Richelieu et Louis XIII vinrent rétablir l'ordre et, en 1629, fut signée la paix d'Alès, ou édit de Grâce, accordant la liberté religieuse, mais supprimant les privilèges politiques. Pour lutter contre la Réforme, Alès fut érigé en évêché. Après la révocation de l'édit de Nantes, en 1685, la résistance s'organisa dans les Cévennes. En 1702, elles furent le cadre d'un profond soulèvement religieux, la guerre des Camisards. Jusqu'en 1705, les calvinistes cévenols tinrent tête aux armées royales, sous la conduite de leurs chefs, Cavalier et Roland. La Révolution ranima les dissensions et affermit la différence de comportement des deux blocs, ce qui marqua toue la vie politique au cours du 19ème : les protestants se retrouvèrent chez les républicains de 1792, les constitutionnels d'après 1815, les partisans de la Troisième République; les catholiques fervents se situèrent à l'opposé, alors qu'une fraction moins conservatrice évolua, d'où les cercles des "rouges" qui, dans tous les villages, s'opposèrent aux cercles des "blancs". Enfin, de nombreux cévenols s'illustrèrent dans les maquis au cours de l'Occupation allemande de 1939-1945.
Le département se compose de trois grandes régions nettement distinctes : la chaîne des Cévennes, les garrigues et la plaine. Situées sur la bordure orientale du Massif central, prolongées au sud-ouest par des plateaux arides et calcaires, les causses, les Cévennes sont des montagnes élevées composées de schistes et de granit. Elles sont entaillées de gorges encaissées au fond desquelles coulent des torrents fougueux. Les garrigues, coteaux calcaires couverts de forêts de chênes et de plantes aromatiques, occupent la moitié du département : c'est une région de basse altitude, sillonnée de combes profondes. La large plaine d'alluvions de la Vistrenque qui s'étend au sud jusqu'à la Méditerranée est limitée à l'est par le Rhône qui se divise en deux bras à la hauteur de Fourques, formant ainsi la Camargue. Si la Dourbie et ses affluents appartiennent au réseau atlantique, la plupart des rivières, issue des Cévennes, portent leurs eaux au Rhône (Gardons, Cèze), ou à la Méditerranée (Vistre, Virdoule, Hérault). Le climat subit d'importantes variations en fonction de l'altitude. L'influence méditerranéenne détermine un climat chaud et sec dans les régions basses. En altitude, l'humidité est accrue, les températures sont plus faibles, la neige est fréquente durant l'hiver. Le mistral, s'engouffrant dans la vallée du Rhône, provoque de brusques variations. Dans l'ensemble du département, et tout particulièrement dans la plaine, la vigne domine, alternant avec les cultures fruitières et maraîchères. La zone montagneuse, qui a particulièrement souffert de l'exode rural amorcé lors de la naissance de la grande industrie, pratique l'élevage : ovins (Causses), ovins et bovins (Cévennes). Elle reçoit durant la période estivale de nombreux touristes; ses vieilles demeures sont transformées en résidences secondaires. La récession due au déclin du bassin minier du Gard entraîne dans l'industrie de nécessaires reconversions (filatures, bonneteries, produits chimiques).
La période préhistorique a laissé de très nombreux vestiges. Le Gard possède un grand nombre de grottes (grottes de la Salpêtrière à Remoulins; de Bayol à Colias; de la Baume Lairone à Sainte-Anastasie) et de stations préhistoriques où l'on a découvert outillage varié et peintures pariétales. Le chalcolithique est abondamment représenté : le village de Fontbouisse a donné son nom à une "culture" dont on trouve des témoignages dans tout le département. Le Gard est riche de dolmens, de cromlechs, de menhirs, de quelques belles statues-menhirs anthropomorphes et de sépultures tumulaires. L'ère celtique a vu l'édification d'oppidums remarquables (Nages, Mons et Monteils, camp de César à Laundun...). Mais c'est la période romaine qui a laissé les plus éclatants témoignages de sa grandeur : les divers édifices de Nîmes et le Pont du Gard sont les plus beaux monuments de toute la Gaule. Le Moyen Age a engendré une profusion d'églises et de châteaux forts. L'art roman, teinté d'influences languedociennes, méditerranéennes ou auvergnates, est souverain (Genolhac, Concoules, Montfrin, l'abbatiale de Saint-Gilles, la tour Fenestrelle à Uzès); mais il faut citer d'importants édifices gothiques (chartreuse et collégiale de Villeneuve-lès-Avignon) ou classiques (chartreuse de Valbonne, temples de Nîmes). De puissants ouvrages défensifs ont été dressés aux 13ème et 14ème (tour Philippe le Bel et fort Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon, châteaux de Beaucaire, Tornac, Brésis, Portes, La Capelle). Le plus parfait exemple d'architecture militaire du 13ème demeure Aigues-Mortes et ses remparts en parfait état de conservation. Le château de Rousson est très représentatif des châteaux languedociens du 17ème (quadrilatère flanqué de tours d'angle, cour intérieure, toit de tuiles romaines). La maison rurale, profondément différente selon la région, reçoit les influences des provinces voisines. De pittoresques villages (Sauve, Sommières, Uzès, Pont-Saint-Esprit, Vézenobres, Anduze, Castillon, Rochefort) ont conservé tout le charme du passé : ruelles étroites, passages voûtés, maisons et fontaines anciennes constituent des ensembles urbains remarquables. Le Gard s'attache aujourd'hui à préserver et à mettre en valeur son admirable patrimoine artistique : avec ses artistes, ses artisans créateurs, ses chantiers de restauration, son marché de l'art, il attire et fixe la vie culturelle.

6 224 km2
l'Espinouse 1 124 m .
Préfecture Montpellier. 3 arrondissements. 45 cantons. 343 communes.
794 603 hab. (recensement 1990)
L'homme de la fin du quaternaire ouvre le chapitre de l'histoire de l'Hérault. La grotte de Fauzan, à l'ouest, recèle des outils d'un homme du paléolithique inférieur, il y a 100 000 ans. Dans cette grotte, à l'époque aurignacienne, il y a 15 000 ans, l'homme de Cro-Magnon a dessiné et gravé sur les parois : ours des cavernes, rhinocéros, mammouth, premier art en Languedoc. Au néolithique, la domestication des animaux provoque le cheminement de l'homme, qui accompagne le troupeau dans sa transhumance. Ce sont les premières routes, dont le tracé est fixé pour des millénaires. Les tombes de ces semi-nomades s'établissent, en des lieux privilégiés, sous forme de dolmens : 350 pour l'Hérault, qui se trouvent sur les petits causses, sur les flancs du Caroux ou dans le Minervois. Plus tard déferlent du nord les invasions celtiques, qui apportent l'industrie et l'art du fer. Les rapports commerciaux avec les peuples de la Méditerranée, dès le 7ème av. J.-C., ouvrent le pays aux civilisations de la mer. On trouve dans l'Hérault des céramiques étrusques, grecques, puniques, le plus souvent sur des oppidums, qui témoignent de cette pénétration des peuples de la mer. L'un d'eux, les Ibères, venu des côtes d'Espagne, invente sa propre écriture. Avec l'arrivée des Romains, surgit un autre mode de vie. De nouvelles routes sont tracées. Dans la plaine littorale un cadastre régulateur attribue à chaque colon une superficie de 50 hectares. Des villes sont créées ou aménagées. Quant aux villas romaines, on les compte par milliers. Ces 500 ans de "pax romana" sont anéantis par les invasions, dont la plus importante, la wisigothique, la remodèle pendant 300 ans en idées, peuplement et économie. Peu de traces matérielles de cette époque, à part plusieurs nécropoles et 60 églises d'un type très particulier. L'influence carolingienne est de courte durée. La période féodale voit l'affrontement des seigneurs entre eux, le plus remuant étant le vicomte de Béziers. Au nom des idées, la conquête des terres en 1209 par les barons du Nord provoque crises et massacres. Peu à peu les esprits se calment. Une prospérité, coupée d'épidémies et de guerres, s'installe aux 14ème et 15ème. Les guerres religieuses du 16ème mettent le pays à feu et à sang. Aux 17ème et 18ème cette partie du Languedoc retrouve son calme et son bonheur de vivre : l'industrie fait de rapides progrès, le canal du Midi favorise les échanges. Au 19ème la vigne monopolise les terres. Notre siècle voit la transformation radicale d'un monde, le monde rural en particulier : le paysan émigre vers les villes et les bourgs qui croissent rapidement, Montpellier devenant la mégalopolis régionale.
Quant on regarde une carte géologique en couleur de l'Hérault, on a l'impression de voir un costume d'arlequin, tellement les teintes sont enchevêtrées. Très schématiquement, on note qu'à l'ouest les terrains cristallophylliens primitifs, formant le vieux socle hercynien, culminent dans le massif Caroux-Espinouse, et qu'à l'est, les Causses représentent l'exhaussement, au tertiaire, des fonds marins secondaires. Entre les deux, une translation de plaques a provoqué, à la fin du tertiaire, une action éruptive, qui prolonge jusqu'à la mer la chaîne des Puys. Quatre fleuves côtiers dévalent de ces hauteurs dans un cours rapide, qui provoque des crues souvent catastrophiques. Le Massif central pousse une pointe méridionale vers la mer et sa crête extrême est à 50 km à peine de la plage. Cette crête forme une ligne de partage des eaux océaniques et méditerranéennes, qui s'approche de la mer plus qu'en aucun autre point de son pourtour; elle va séparer deux mondes, le continental et le maritime, le premier tourné vers les civilisations celtes, le second vers celles de la mer. Les minerais d'argent, de plomb, de fer abondent, les peuples de la mer venaient s'y pourvoir. Ces courants nord-sud croisaient, leurs routes avec le grand courant est-ouest qui reliait Italie et Espagne.
Les civilisations antiques ont laissé des témoignages d'une exceptionnelle beauté. Citons l'Ephèbe d'Agde, les vases grecs d'Ensérune, les statues romaines du Biterrois, les sarcophages gallo-romains et wisigothiques. L'art roman trouve ici une expression d'extrême dépouillement; mais les maîtres maçons se sont surpassés dans la logique des plans et dans la taille de la pierre, qui est toujours de qualité. Le grand mouvement monastique bénédictin, cistercien ou prémontré, rayonne à partir d'abbayes, qui ont fait école dans toute la région. Ces abbayes, après les destructions des guerres de Religion, ont vu leur architecture sévère du 12ème se transformer aux 17ème et 18ème en un style néo-classique très équilibré. Au même moment, l'architecture civile prenait un essor considérable dont témoignent un grand nombre de maisons bourgeoises de villages, de demeures patriciennes, de châteaux ou "folies" des environs de Montpellier. Les arts mineurs avançaient au même rythme : les orfèvres ont accompli, du 14ème au 18ème, d'admirables chefs-d'oeuvre civils et religieux. On assiste actuellement à un renouveau culturel qui sensibilise le grand publie : nombreux musées, centres artistiques et d'artisanat créateur, renouveau du folklore, activité intense de sociétés savantes, de chercheurs et d'associations ayant pour but la découverte, la protection et la restauration du patrimoine archéologique et artistique; il faut citer l'action de l'abbé Giry, curé de Nissan et conservateur du musée d'Ensérune, qui a découvert et sauvegardé de nombreux sites (on lui doit notamment la restauration de l'abbaye de Fontcaude et de ses admirables sculptures).


5 179 km2
Signal de Finiels (1 702 m).
Mende. 2 arrondissements, 25 cantons, 185 communes.
72 825 hab. (recensement 1990)
Les premières traces de peuplement remontent à l'époque néolithique, les grottes des causses fournissant à l'homme des conditions favorables d'existence. Peuplé par la tribu celte des Gabales, le territoire actuel du département formait le Pagus Gabalicus, sous l'autorité des Arvernes, avant de devenir la Civitas Gabalorum, sous la domination romaine. L'évangélisation fut marquée par le martyre de saint Privat. Au 4ème, il est fait mention d'une église des Gabales, et le pays connut un essor monastique aux 5ème et 6ème. Sous les Mérovingiens, on vit se dessiner le comté de Gévaudan, relevant du comté de Toulouse jusqu'au 12ème. A cette époque, l'évêque de Mende prit le titre de comte et le garda jusqu'à la Révolution. Jusqu'au 13ème, le pays fut administré par des vicomtes héréditaires, véritables suzerains du Gévaudan. A la suite de la croisade des Albigeois, Louis VIII profita d'un différend entre le comte de Toulouse, le roi d'Aragon et l'évêque de Mende, pour s'approprier le Gévaudan. En 1307, un acte de paréage entre l'évêque et le roi de France fixa leurs droits respectifs et mit fin aux querelles d'autorité. Le pays fut incorporé par la suite au Languedoc et souffrit des guerres de Religion aux 16ème et 17ème. Le début du 18ème. fut marqué par la guerre des camisards, protestants cévenols luttant pour leur liberté religieuse: il fallut une intervention des troupes royales pour en venir à bout. Au 18ème, la bête du Gévaudan, gigantesque loup-cervier, répandit la terreur dans le pays et fut à l'origine d'un grand nombre de contes et légendes. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, les maquisards de la Lozère jouèrent un rôle important dans la Résistance.
La Lozère se compose de plusieurs zones distinctes selon la nature du sol et le relief Au nord et à l'est, une vaste région cristalline, formée de terrains anciens au relief érodé, est dominée par deux chaînes de montagnes: la Margeride (au nord), un des plus grands massifs granitiques d'Europe, est une zone de hauts plateaux de pâturages dépassant 1 000 m, entaillés de vallées profondes et culminant au signal de Randon (1 554 m); les Cévennes (au sud-est) comportent deux massifs granitiques : le mont Lozère (1 699 m au pic Finiels) et l'Aigoual (1 565 m), entre lesquels s'étend une suite de serres, crêtes schisteuses aiguës séparées par des vallées encaissées. A l'ouest du département, les monts d'Aubrac constituent un ensemble volcanique formé d'épaisses coulées de basalte recouvrant un socle cristallin; le signal de Malhebiau culmine à 1 471 m. Au sud-ouest, les dépôts sédimentaires façonnés par l'érosion ont donné naissance aux causses, hauts plateaux calcaires dénudés et arides, percés d'avens et de grottes. Les rivières y ont taillé d'imposants cañons, dont la profondeur peut atteindre 500 m. Le réseau hydrographique fait de la Lozère un château d'eau : par le Luech et les Gardon, elle envoie ses eaux au Rhône, par l'Allier à la Loire, par le Lot, le Tarn et la Truyère à la Garonne. Le climat rude et continental connaît des hivers froids et des étés chauds; en revanche, la Lozère cévenole est tempérée par l'influence du climat méditerranéen. La Lozère est l'un des départements de France à faible économie : agriculture difficile, essentiellement caractérisée par l'élevage et l'exploitation des forêts grâce à l'effort de reboisement accompli au 19ème par Georges Fabre; carrières de granit, de calcaire, d'arkose, de basalte. La vocation touristique de la Lozère reste son meilleur atout économique, tout en lui permettant de conserver son caractère : sites innombrables, territoire pour randonnées équestres et pédestres, possibilités sans limite du ski de fond, chasse et pêche, folklore, gastronomie, produits du terroir, artisanat créateur, etc.
Les mégalithes du département témoignent de l'importance de la civilisation préhistorique. L'époque gallo-romaine est représentée par la poterie de Banassac et les fouilles de Javols, l'antique cité d'Anderitum puis de Gabalum. L'architecture romane, caractérisée par des clochers peigne, a laissé des sanctuaires ruraux qui différent selon le matériau utilisé et s'intègrent harmonieusement au paysage environnant. Dans le sud du département, les églises sont d'influence languedocienne, voire provençale. Dans le nord, l'influence auvergnate a donné naissance à de sobres petits édifices peu ornés, surmontés d'un clocher octogonal. Dans le Gévaudan central, les deux influences se sont mêlées. L'art gothique est bien représenté par la cathédrale de Mende, par les remaniements apportés à d'anciens édifices (belles croix de cimetière ou de chemin). L'architecture féodale ne nous a laissé que des ruines grandioses, établies dans des sites de défense ou de surveillance. Les 15ème et 16ème, période d'apogée, ont produit un grand nombre de châteaux. Le château de La Beaume, à Prinsuéjols, remanié au 18ème, demeure le type parfait de la demeure classique en Gévaudan. Les cités pittoresques sont nombreuses; le village de la Garde-Guérin a pu conserver intacts les éléments de son architecture des 12ème et 13ème. De vieux ponts contrastent avec les remarquables ouvrages d'art modernes.

4 116 km2
pic d'Enfer 2 921 m.
Perpignan. 3 arrondissements, 31 cantons, 226 communes.
363 796 hab. (recensement 1990)
Au 3ème avant J.-C., la région fut traversée par Hannibal qui se rendait en Italie. Peuplée par les Sardons, les Consorans et les Ceretani, elle fut conquise par les légions romaines au 1er avant J.-C. Une partie de l'actuel département (la Cerdagne) fut comprise dans la Tarragonaise; l'autre (le Roussillon) dans la Narbonnaise. Au 5ème, le pays fut envahi par les Wisigoths et rattaché à la Septimanie. Au 8ème, s'établit la domination des Arabes, chassés par Pépin le Bref en 756. Charlemagne créa la Marche d'Espagne, au sein de laquelle, au 10ème, s'organisèrent différents comtés dépendant des comtes de Barcelone, puis transmis au 12ème aux rois d'Aragon. Au 13ème Jacques Ier le Conquérant fit don du Roussillon et de la Cerdagne, avec Montpellier et les Baléares, à son fils cadet qui prit le nom de roi de Majorque et choisit Perpignan pour capitale. A la suite de rivalités entre les rois d'Aragon et de Majorque, Philippe III le Hardi vint prêter main-forte à celui-ci et trouva la mort à Perpignan. En 1344, Pierre IV d'Aragon s'empara du royaume de Majorque. En 1463, Louis XI annexa la Cerdagne et le Roussillon en paiement d'une dette. En 1493, cependant, Charles VIII les restitua aux rois catholiques. Richelieu soutint la révolte des Catalans contre le gouvernement espagnol et occupa le Roussillon. En 1659, le traité des Pyrénées le rattacha à la Couronne, avec une partie de la Cerdagne. Le département, formé en 1790, participa aux guerres menées contre l'Espagne sous la Révolution et l'Empire.
Les Pyrénées-Orientales se composent de trois régions géographiques. Au nord, les contreforts calcaires des Corbières dominent la dépression de Fenouillèdes : c'est un pays de coteaux, de vallées sèches et de gorges profondes. A l'ouest se prolongeant au sud-est jusqu'à la Méditerranée, se situe la zone des montagnes granitiques, remarquables par leurs formes arrondies. Les contrastes s'affirment entre les sommets élevés et les vallées encaissées : ainsi les massifs du Carlit, du Puigmal et du Canigou dominent les hautes vallées du Vallespir, de la Cerdagne, de Capcir et de Conflent; la chaîne des Albères se jette dans la mer pour former la côte Vermeille, côte rocheuse déchiquetée par l'érosion. A l'est, la plaine du Roussillon est un ancien golfe remblayé par les alluvions du Têt, du Tech et de l'Agly. Gagnée sur la mer au cours des siècles, elle a été transformée en un vaste jardin grâce à de savants travaux d'irrigation. Elle se termine sur le littoral par une côte sablonneuse le long de laquelle se sont formés des étangs maritimes. Le climat reproduit de sensibles différences entre la montagne et les plaines. Les influences océanes persistent sur les sommets, provoquant des chutes de neige tardives. Les vallées abritées bénéficient d'un grand ensoleillement et de douces températures. Les plaines basses jouissent d'un climat méditerranéen : hivers doux, étés chauds et secs. Essentiellement agricole, le département a une production très diversifiée : la vigne, ressource principale, les vergers et primeurs sont concentrés dans les plaines et les vallées. Tourisme, thermalisme et climatisme jouent un rôle décisif dans l'économie. Enfin, les Pyrénées-Orientales sont à la pointe de la recherche en matière d'énergie solaire.
Le plus remarquable vestige préhistorique du département est le dépôt de fouilles de Tautavel : mâchoires humaines et crâne de l'homme de Tautavel, d'origine pré- néandertalienne (200 000 ans). Les vestiges gallo-romains de Llo et de Ruscino ont pu résister aux invasions successives. L'art s'est épanoui à la période romane. Le Roussillon a connu une éclosion de sanctuaires qui ont donné au département un patrimoine architectural riche : modestes églises rurales; cloîtres et abbayes superbes; décoration du prieuré de Serrabone, chef-d'oeuvre de la sculpture romane en Roussillon; riche mobilier. En raison de sa position stratégique et des convoitises qu'il suscita, le département est pourvu d'un grand nombre de monuments d'architecture défensive de toutes les époques; places fortes et citadelles du 17ème, dont certaines ont été construites par Vauban; tours à signaux jalonnant la côte. Perpignan, ville d'art riche de ses monuments anciens, de ses musées et de son passé de capitale des rois de Majorque, demeure un centre culturel très actif Des manifestations artistiques importantes y sont organisées comme dans le reste du département.
Certaines des informations ci-dessus sont tirées de
que nous remercions. N'hésitez pas à consulter ce très bon site pour des compléments d'informations.
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