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7 379 km2
Watigny 285 m.
Laon. Evêché : Soissons. 5 arrondissements. 42 cantons. 817 communes.
537 259 hab. (recensement 1990)
Le département de l'Aisne a été constitué en 1790 et son chef-lieu fixé à Laon. Il est formé par la réunion de petits pays (remontant aux "pagus" gallo-romains) appartenant aux provinces traditionnelles devenues gouvernements généraux d'Ile-de-France (Laonnais, Soissonnais, Valois, Vermandois), de Picardie (Vermandois et Thiérache) et, pour une faible part, de Champagne (Brie); mais il est néanmoins, sur le plan historique, d'une profonde unité pour trois raisons : la quasi-totalité du département, et même le sud, appartient à la zone linguistique picarde; à l'exception de paroisses très peu nombreuses qui relevaient de Reims, Troyes, Meaux et Cambrai, le département coïncide presque exactement avec les anciens diocèses de Laon et de Soissons (plus une partie de l'ancien évêché de Noyon); enfin l'identité entre actuel département de l'Aisne et ancienne généralité (ou intendance) de Soissons, c'est-à-dire entre circonscription administrative révolutionnaire et royale, est encore plus frappante (à l'exception du Saint-Quentinois qui relevait d'Amiens). Les régions de l'actuel département connurent une importante occupation humaine à l'époque préhistorique et étaient habitées par diverses tribus belgo-celtiques (Suessions, Veromandui, Rèmes), lorsqu'en 51 av. J.-C. Jules César imposa la domination romaine au cours de la bataille de l'Aisne. En 486, à Soissons, les légions romaines de Syagrius furent battues par les Francs de Clovis qui s'empara de la région. En 511 fut créé le royaume de Soissons. Au cours des siècles suivants, la région fut âprement disputée entre les rois de Neustrie et d'Austrasie. En 687, Pépin d'Héristal, maire du palais d'Austrasie, vainquit les Neustriens près de St-Quentin et assura la réunification des royaumes francs au profit des Carolingiens. Son petit-fils, Pépin le Bref, se fit couronner roi à Soissons en 752, après avoir déposé Childéric III, le dernier Mérovingien; il épousa Berthe au grand pied, la fille de Caribert, comte de Laon. "La Chanson de Roland" évoque le palais de Charlemagne à Laon. Louis le Pieux fut déchu de ses droits royaux à Soissons en 833; c'est à Quierzy qu'en 876 Charles le Chauve prépara le célèbre capitulaire, créant en fait le système féodal, qui vit se développer le pouvoir des évêchés, des grandes abbayes et de seigneurs turbulents, profitant de la faiblesse du roi pour étendre leurs domaines. En 987, l'évêque de Laon, Adalbéron, joua un rôle déterminant dans l'accession d'Hugues Capet au trône de France. La guerre de Cent Ans fut une période de troubles graves et de ravages. Au 16ème se produisirent plusieurs faits importants, notamment l'Ordonnance de Villers-Cotterêts (1539) et le traité de Crépy (1544) entre François Ier et Charles Quint. Les troubles religieux s'y firent sentir (Soissons fut pillé par les calvinistes en 1567), et Laon fut un grand centre de la Ligue qu'Henri IV dut reprendre par 14 force en 1594. Les incursions espagnoles menacèrent la sécurité de la Thiérache jusqu'au traité des Pyrénées (1659). En 1814 eut lieu la bataille de Laon, entre Napoléon et les Prussiens, qui eut pour conséquence directe l'abdication de l'Empereur. Au cours de la guerre de 1914/18, le département fut le théâtre de mémorables opérations militaires; ainsi, le Chemin des Dames, enjeu de combats acharnés de septembre 1914 à octobre 1918, est un des hauts lieux du souvenir et reste encore une des plus impressionnantes régions dévastées.
Le département de l'Aisne fait partie du Bassin parisien, situé à son contact avec le massif hercynien de l'Ardenne. C'est le seul département français qui touche d'un côté à la région parisienne et de l'autre nos frontières nationales. Le sud du département appartient à l'auréole centrale tertiaire du Bassin. Il est occupé par une succession de plateaux calcaires limoneux (Brie, Valois, Soissonnais, Laonnois) que l'érosion a découpés en massifs, voire en buttes. Les collines de calcaire et d'argile longent les vallées alluvionnaires suivant une orientation est-ouest. Le nord du département appartient à l'auréole secondaire crétacée. Ce sont d'immenses plaines élevées où les seuls accidents de relief sont des vallées peu profondes et des buttes sablonneuses. Au nord-est, délimitée par les vallées de l'Oise et de la Serre, s'étend la Thiérache qui fait suite aux premières hauteurs de l'Ardenne. Elle appartient également à l'auréole crétacée, mais l'érosion a dégagé les argiles du crétacé inférieur. Le département est traversé par trois grandes rivières dépendant du réseau hydrographique de la Seine (Oise, Aisne, Marne) et donne naissance a la Somme, à la Sambre et à l'Escaut. Les influences océaniques, plus marquées à l'ouest, et les influences continentales, plus sensibles à l'est, déterminent un climat diversifié. Les ressources agricoles diffèrent selon les régions. La grande exploitation (céréales, betterave), parfois associée à l'éElevage bovin, domine sur les plateaux. Les vallées se consacrent aux cultures maraîchères. La Thiérache, région d'éElevage, a vu se développer les industries laitières. Le Tardenois et la Brie se partagent entre éElevage et culture céréalière. Les coteaux de la vallée de la Marne produisent du vin de Champagne. L'industrie s'est surtout implantée dans la vallée de l'Oise et autour de St-Quentin et de Soissons : ses productions sont importantes et variées (verrerie, métallurgie, chimie, textile, industrie alimentaire).
Le département possède un patrimoine artistique très riche, et, malgré les guerres et les destructions, toutes les époques se trouvent, représentées dans leurs caractéristiques (l'Aisne est le deuxième département de France pour le nombre des monuments historiques, classés). Il a donné naissance à une culture mésolithique, le Tardenoisien, et recèle d'intéressants vestiges néolithiques (Cuiry-lès-Chaudardes) et gallo-romains (oppidum de St-Thomas, l'antique Bibrax). L'art sacré a couvert le département de monuments exceptionnels : crypte de St-Médard de Soissons, le plus ancien édifice religieux de l'Aisne et l'un des plus beaux témoins de l'architecture carolingienne en France; belles églises romanes (Nouvion-le-Vineux, Oulchy-la-Ville, Oulchy-le-Château, Urcel, Septvaux, chapelle des Templiers de Laon) ou de transition romano-gothique (Berzy-le-Sec, Glennes); ensemble gothique de premier ordre comprenant de simples églises de village, quelques églises prestigieuses (Mons-en-Laonnois, St-Michel-en-Thiérache, Essômes-sur-Marne, Mézy-Moulins, Braine, Marle) et 3 édifices majeurs (cathédrales de Laon et de Soissons, collégiale de St-Quentin); très nombreuses fondations monastiques dues aux bénédictins, aux prémontrés ou aux cisterciens, dont ne subsistent bien souvent (à côté d'ensembles préservés comme St-Jean de Laon ou St-Léger de Soissons) que des ruines pathétiques (Longpont, La Thiérache est un pays de bocage verdoyant et humide OÙ de paisibles rivières serpentent dans un environnement de prairies et de vergers. Bien différents sont le Vermandois, le Valois et le Soissonnais, Vauclair, St-Jean-des-Vignes de Soissons, Foigny); à la Renaissance se rattachent l'église de Chézy-en-Orxois et les vitraux de St-Nicolas de La Ferté-Milon, l'un des plus beaux ensembles de France; l'art classique a laissé St-Remy-au-Velours de Laon et l'abbaye de Prémontré, maison-mère de l'ordre; églises fortifiées de la Thiérache qui constituent un important ensemble homogène (Burelles, Plomion, Montcornet, Prisces, Chaourse) avec leurs tours massives flanquant le portail et leurs signes de briques vitrifiées. L'architecture défensive a tenu une place capitale dans cette région frontalière menacée; ainsi trouve-t-on des mottes féodales (Montaigu, Roucy), des fortifications urbaines (Laon, Château-Thierry) et de nombreux châteaux forts (Ambleny, Guise, La Ferté-Milon, Nesles, Fère-en-Tardenois, Berzy-le-Sec, Septmonts). Le château de Coucy fut, jusqu'à sa destruction par les Allemands en 1914/18, l'un des plus puissants d'Europe. Si les traditions défensives persistèrent longtemps, le retour de la paix vit la construction de châteaux d'agrément de la Renaissance (Coeuvres, Marchais, Villers-Cotterêts), du 17ème (Couvrelles, Blérancourt, Bosmont-sur-Serre, La Plesnoye) ou du 18ème (La Neuville-Bosmont, Parpeville, Leschelle). Des bâtiments de brique ou de torchis de la Thiérache aux élégantes maisons de calcaire lutétien du Soissonnais, l'habitat rural s'exprime par une grande richesse. Il existe enfin un abondant et très intéressant habitat troglodytique (creuttes, boves).


5 857 km2
235 m à Lalandelle
Beauvais. 4 arrondissements. 39 cantons. 693 communes.
725 603 hab. (recensement 1990)
Le département de l'Oise a été formé en 1790 avec des territoires appartenant aux deux anciennes provinces d'Ile-de-France et de Picardie. Il recouvre, en tout ou en partie, plusieurs petits pays de l'ancienne France : Valois, Vexin français, pays de Thelle, pays de Bray, Noyonnais, Soissonnais, Beauvaisis, comté de Clermont, pays de Chaussée, Santerre et Amiénois. Il était peuplé à l'époque gauloise par les Bellovaques, les Suessions, les Veliocasses et les Silvanectes. La conquête romaine par les troupes de Jules César en 57, puis en 51 av. J.-C., se traduisit par la création ou le développement de villes (Beauvais, Senlis). La région fut alors incorporée à la Gaule Belgique. L'évangélisation, commencée dès le 3ème, vit la création des évêchés de Senlis, Beauvais, puis Noyon. Dès l'époque mérovingienne, les territoires de l'actuel département firent partie du domaine royal et exercèrent ainsi une influence considérable dans l'histoire nationale : c'est à Noyon que Charlemagne fut sacré roi de Neustrie en 768, puis que Hugues Capet, élu à Senlis, fut sacré roi de France en 987. Le pouvoir du roi se heurta à celui de l'évêque-comte de Beauvais, l'autre seigneur prépondérant de la région. En 1248, un compromis entre Saint Louis et l'évêque Milon de Nanteuil vit l'affermissement de l'autorité royale. Au 13ème, Saint Louis attribua le comté de Clermont à son fils Robert, tige de la puissante maison de Bourbon. Au 14ème, le comté de Valois fut donné par Philippe le Bel à son fils Charles, dont le fils devint le roi Philippe VI, chef de la dynastie qui régna jusqu'au 16ème. Pendant la guerre de Cent ans, la région connut bien des malheurs. En 1358, en réaction contre la misère et les pillages des Grandes Compagnies, éclata une révolte paysanne, la Jacquerie, qui fut sévèrement réprimée par le roi de Navarre, Charles le Mauvais. Jeanne d'Arc fut capturée à Compiègne en mai 1430. En 1472, Charles le Téméraire, en guerre contre Louis XI, vint assiéger Beauvais mais fut repoussé par les habitants (épisode de Jeanne Hachette). Du 16ème au 18ème, la paix revenue, la région connut une ère de renouveau et de prospérité économique; la manufacture de tapisseries de Beauvais fut fondée par Colbert en 1664. En 1870, le département fut occupé par les Allemands. Au cours de la guerre de 1914/18, fut créé à Beauvais le Commandement Interallié, tandis que l'armistice fut signé en forêt de Compiègne le 11 novembre 1918. Les Allemands utilisèrent, au cours de la dernière guerre, le camp de Royallieu (à Compiègne) comme ³ point de départ ² vers les camps de concentration.
Le département de l'Oise appartient au Bassin parisien, vaste dépression sédimentaire où les différentes couches forment des auréoles concentriques, les plus récentes se trouvant au centre du bassin. Le sud du département se rattache à l'auréole centrale tertiaire, le nord à l'auréole secondaire. Cette distinction détermine plusieurs régions géographiques, mais dans son ensemble le relief de l'Oise combine trois éléments : plateaux, buttes et vallées. Au sud-est le Valois est un plateau calcaire recouvert de limons, domaine de la culture intensive en "openfield"; la forêt subsiste sur des sols sablonneux plus pauvres; il se prolonge au sud-ouest par le Vexin français qui se termine par une falaise abrupte dominant l'auréole secondaire. Le pays de Thelle, de formation secondaire (craie, argiles), s'étend entre Epte et Oise; il est bordé au nord par l'extrémité orientale du pays de Bray, anticlinal élevé, usé par l'érosion qui a mis à jour des roches tendres (argiles). Au nord du département, débutent les plaines de la Picardie, où la craie est souvent recouverte d'argiles à silex et de limons fertiles. Au centre, détachées des plateaux, s'élèvent les buttes de Clermont et de Liancourt. Des vallées alluviales (Aisne, Ourcq, Thérain, Automne, Nonette) parfois dissymétriques, entaillent les plateaux. La principale, la vallée de l'Oise, sert depuis longtemps de voie de communication entre le Nord et l'lle-de-France. Le département est un des plus riches terroirs agricoles de France. Céréales, avec prédominance du blé, et betteraves recouvrent les plateaux. Elevage bovin, cultures fruitières et maraîchères dominent dans la vallée de l'Oise et le pays de Bray. L'industrie, localisée dans les vallées de l'Oise et du Thérain (Compiègne, Creil-Montataire) est principalement tournée vers la métallurgie, la chimie et la verrerie. Son développement est à l'origine de la forte poussée démographique du département.
La contribution du département à l'histoire de l'art est particulièrement importante. Il dispose d'intéressants vestiges préhistoriques (Jonquières, Néry, Vaumoise) et gallo-romains (Senlis, Jouy-sous-Thelle et surtout Champlieu, le plus important site gallo-romain d'Ile-de-France). L'expression de l'art roman a été moins brillante que dans certaines provinces. Cependant, l'église de la Basse-Oeuvre de Beauvais, le plus ancien monument roman de la région, est une des rares églises antérieures au 11ème en France. A côté de simples églises rurales non voûtées, bien souvent remaniées, citons les églises de Catenoy, Bury, Villers-St-Paul, Rhuis et St-Etienne de Beauvais, Pontpoint ou Lierville, les portails de Nointel, Trumilly et Trie-Château. Mais le fait majeur a été l'utilisation précoce de la croisée d'ogives (1120 à Rhuis, 1125 à Morienval et St-Etienne de Beauvais), procédé architectural qui allait révolutionner l'art religieux. Après la période de transition, où les églises combinent plan roman et structure gothique, et le gothique primitif auquel se rattachent les cathédrales de Noyon et Senlis, l'art gothique s'est affirmé au 13ème (St-Leu-d'Esserent, St-Germer-de-Fly, Acy-en-Multien, Agnetz, St-Martin-aux-Bois). Commencées au 13ème, St-Jacques et St-Antoine de Compiègne et la cathédrale de Beauvais portent la marque des siècles suivants. On note, particulièrement dans le Vexin, des églises flamboyantes (Chaumont-en-Vexin, Montjavoult) où se fait sentir l'influence de la Renaissance qui s'est d'autre part exprimée à Jouy-sous-Thelle et Ravenel. L'art classique est représenté par l'église de Chantilly, oeuvre de Mansart. L'architecture civile est également riche. On compte un grand nombre de châteaux remarquables : châteaux féodaux (Vez, Clermont, Crépy-en-Valois, Montataire, Montepilloy); châteaux du 16ème (Crèvecoeur-le-Grand, le Plessis-Brion, Trie-Château, Alincourt à Parnes); châteaux du 17ème (le Fayel, Bourg-en-Vexin, Sérifontaine et Raray) ou du 18ème (Ermenonville). Il faut faire une place à part à Pierrefonds, château féodal restauré par Viollet-le-Duc, qui représente un exemple discuté de son art. Mais les deux châteaux les plus importants sont évidemment Chantilly, remarquable ensemble architectural au milieu d'un parc superbe, et Compiègne, dernière résidence royale construite par Louis XV et embellie par Napoléon Ier et Napoléon III. Compiègne, Beauvais et Noyon ont gardé, malgré les guerres, quelques maisons anciennes. Quant à Senlis, c'est une véritable ville d'art, riche d'un patrimoine architectural exceptionnel.


6 175 km2
210 m dans le Vimeu.
Amiens : 4 arrondissements. 44 cantons. 783 communes.
547 825 hab. (recensement 1990)
Le département a été créé en 1790 par le regroupement de pays appartenant à la Picardie (Vermandois, Santerre, Amiénois, Vimeu, Ponthieu, Marquenterre) et à l'Artois. Ces territoires, habités dès l'époque paléolithique, étaient, lors de la conquête des Gaules, peuplés par les Ambiani qui, alliés aux Bellovaques, résistèrent à Jules César. La région fut incorporée à la Gaule Belgique et sa capitale Samarobriva (Amiens) devint alors une ville prospère. Evangélisée en 301 par st Firmin, elle fut ravagée au 5ème par les invasions barbares (Alains, Suèves, Vandales, Burgondes), puis conquise par les Francs. Au 9ème, elle fut divisée en comtés : comté d'Amiens qui fit retour à la Couronne en 1185; comté de Vermandois, l'un des plus puissants du nord de la France, qui fut acquis par Philippe Auguste en 1191; comté de Ponthieu, acquis par le roi d'Angleterre en 1272, conquis par Philippe VI de Valois en 1336, rendu à l'Angleterre en 1360, cédé au duc de Bourgogne en 1435, puis réuni à la Couronne en 1477. La guerre de Cent ans fut une période douloureuse pour la région (défaite de Crécy en 1346, menées de Charles le Mauvais, roi de Navarre). En 1435, les principales villes fortes de Picardie (Amiens, Abbeville, Corbie, Montdidier, Péronne, Roye) furent engagées au duc de Bourgogne puis rachetées par Louis XI à la mort de Charles le Téméraire. Elles servirent de ligne de défense au nord de Paris jusqu'à l'annexion de l'Artois en 1659. Au cours du 16ème, les Anglais envahirent plusieurs fois la Picardie. Les guerres de Religion causèrent de graves dommages à Amiens, Abbeville et Péronne, où la Ligue fut proclamée en 1577. Les Espagnols envahirent Amiens en 1597, Corbie en 1636. Le département, occupé par les Prussiens en 1870-71, fut évacué le 22 juillet 1871; il eut encore beaucoup à souffrir de la guerre 1914/18, notamment au cours de la "bataille de la Somme", et de l'offensive alliée de juillet 1916, ainsi que, d'une violente bataille en juin 1940.
Le département appartient à l'auréole secondaire du Bassin parisien, vaste dépression sédimentaire où les différentes couches s'emboîtent les unes dans les autres. Son relief de plateaux de formation crétacée, faiblement ondulés, est découpé par les vallées alluvionnaires des cours d'eau logés dans les synclinaux, et par des vallées sèches, les "valleuses". On distingue plusieurs régions géographiques : - à l'est, le Vermandois et le Santerre, plateaux fertiles recouverts de limons et d'argiles à silex provenant de la décomposition du calcaire. Dans le Santerre pointent des lambeaux tertiaires; - au centre, l'Amiénois où la craie affleure parfois, créant des conditions agricoles moins favorables; - à l'ouest, le Ponthieu et le Vimeu, au relief plus accusé. Le département est bordé à l'ouest par le littoral de la Manche qui présente deux aspects différents : au sud, vers l'embouchure de la Bresle, une falaise vive annonçant le pays de Caux; au nord, la côte résulte de l'accumulation d'alluvions marines. Les estuaires envases reculent par la progression des cordons littoraux ou "pouliers"; ainsi s'est formé un pays marécageux quaternaire, le Marquenterre, sorte de polder protégé par un cordon de galets et de dunes. Le climat est d'ordre océanique; les vents d'ouest dominants entraînent une forte pluviosité et des températures assez constantes; à l'est, les influences continentales sont plus sensibles, les hivers plus rigoureux, les étés plus chauds. L'agriculture est très développée et le département fut un des premiers à adopter les méthodes de l'agriculture industrielle. Les plateaux sont utilisés pour la grande culture (céréales, betteraves, plantes fourragères et oléagineuses). Dans les régions basses du Marquenterre l'élevage domine. Enfin les cultures maraîchères et légumes de plein champ prospèrent dans la vallée de la Somme et la région d'Amiens. La Somme a une très ancienne tradition industrielle (textile, métallurgie, chimie, industrie alimentaire).
L'étude par Boucher de Perthes des gisements paléolithiques d'Abbeville et de St-Acheul peut être considérée comme la naissance de la préhistoire. L'époque gallo-romaine n'a, quant à elle, laissé que peu de vestiges. La destruction de l'abbaye de St-Riquier, modèle d'architecture carolingienne, a privé la région de son seul témoignage du haut Moyen Age. L'art roman n'a pas connu un grand rayonnement (Lucheux, Monchy-Lagache, Airaines et Berteaucourt-les-Dames, le plus précieux témoignage roman en Picardie). Notre-Dame d'Airaines et St-Martin de Namps-au-Val sont, dans le département, les premières églises où fut introduite la voûte d'ogives, procédé architectural dont l'utilisation précoce explique l'effacement de l'art roman. L'art gothique, qui a connu son plein épanouissement au 13ème, est très richement symbolisé par Notre-Dame d'Amiens, l'un des chefs-d'oeuvre du gothique en France, qui a conservé l'essentiel de son riche décor sculpté. Le gothique flamboyant constitue la meilleure expression de l'art religieux en Picardie (abbaye de St-Riquier, St-Wulfran d'Abbeville, chapelle du St-Esprit à Rue). La Renaissance s'est affirmée surtout dans le mobilier d'église. Les bâtiments conventuels de Valloires à Argoules constituent la plus belle manifestation de l'art classique. L'architecture civile n'est pas aussi richement dotée que l'architecture religieuse. Cependant, la province ayant été pendant longtemps une région frontière, a vu la prolifération des forteresses : châteaux forts de Péronne, Picquigny, Boves, Lucheux, Bernâtre ou Folleville, fortifications de Rue, St-Valery-sur-Somme et Lucheux, donjon d'Abbeville. Rambures est le modèle le plus complet de château du 15ème. Au 16ème, les manoirs remplacent les châteaux forts : Beaucamps-le-Jeune, Laboissière-en-Santerre, Avesnes-Chaussoy sont des gentilhommières où le souci du confort domine. Les nécessités défensives disparaissant, on voit se multiplier les châteaux de brique et de pierre, élément essentiel de l'architecture en Picardie : châteaux 17ème (Suzanne, Frucourt, Huppy, Vauchelles-lès-Domart) ou 18ème (St-Gratien, Esserteaux, Wailly, Dompierre-sur-Authie, Long, Bagatelle à Abbeville). L'utilisation de ces matériaux n'est pas une exclusivité du 18ème : ainsi Bertangles et Davesnecourt, construits en pierre. On note également quelques beffrois (Rue, St-Riquier, Amiens, Doullens, Lucheux, Péronne), des moulins à vent (St-Maxent) ou à eau (Frémontiers). Malgré les destructions, Amiens et Abbeville ont conservé de pittoresques quartiers anciens.
Certaines des informations ci-dessus sont tirées de
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