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CARTE D'IDENTITE Alpes de Haute-Provence |
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6 925 km2
3 400 (Aiguille de Chambeyron à Saint-Paul- sur-Ubaye).
Digne. 4 arrondissements. 32 cantons. 200 communes.
130 883 hab. (recensement 1990)
Les Alpes-de-Haute-Provence (naguère Basses-Alpes) forment la majeure partie de la Haute-Provence et ont suivi en général, au cours de l'histoire, le sort de la Provence. En raison de l'ingratitude du sol et de la rigueur du climat, elles semblent avoir été peuplées tardivement à l'époque préhistorique. Dans l'état actuel des recherches, le Paléolithique et le Néolithique ne sont guère représentés que dans les vallées et sur les plateaux; par contre, la protohistoire, avec l'âge du Bronze, Hallstatt, la Tène, a laissé des traces dans l'intérieur montagneux, particulièrement en Ubaye, La Haute-Provence ne fut pas conquise, dans son ensemble, par les Romains, eu même temps que la Provincia, non plus que par Jules César, dans sa campagne en Gaule (58-50 av. J.-C.). Il était réservé à l'empereur Auguste de l'agréger à l'empire romain, avec tout l'arc alpin (25-14 av. J.-C.). Après avoir joui de la paix romaine, la Haute-Provence pâtit, comme le reste du monde méditerranéen, des invasions barbares, mais elle semble avoir relativement moins souffert que d'autres régions; cependant elle fut ravagée de 569 à 575 par les Saxons et les Lombards, que le patrice Mummole battit à Estoublon en 572. Les époques mérovingienne et carolingienne s'écoulèrent assez obscurément en Haute-Provence. Les anciennes civitates gallo-romaines donnèrent alors naissance à cinq petits évêchés : Digne, Riez, Senez, Glandèves, Sisteron. A la fin de l'époque carolingienne, les Sarrasins firent quelques incursions. La Haute-Provence fit ensuite partie du comté féodal de Provence, d'abord indivis entre les comtes d'Avignon et ceux d'Arles; le repli des premiers sur le haut pays donna naissance au comté de Forcalquier (12ème) à peu près unique division territoriale presque indépendante que la Haute-Provence ait jamais connue; elle réintégra ensuite le giron de la Provence, à la mort de Guillaume II (1209), dernier comte de Forcalquier. On connaît le célèbre "quatuor" des filles de Raymond Bérenger V, comte de Provence, qui furent toutes quatre reines et passent pour avoir été élevées dans le château de Saint-Maime. L'une d'elles, Marguerite, fut la femme de saint Louis, roi de France. A la dynastie de Barcelone-Aragon succédèrent deux dynasties angevines qui conquirent, puis tentèrent de reconquérir le royaume de Naples. Le dernier souverain de la première dynastie, la reine Jeanne Ière d'Anjou (Ý1382) a marqué fortement les mentalités populaires par suite de ses malheurs, et la guerre civile qui suivit sa mort désola le pays. Ce fut au cours de ces désordres que la vallée de l'Ubaye fit sécession pour plusieurs siècles et se rattacha aux Etats savoyards (1388). Après le roi René et son éphémère successeur, Charles III, duc du Maine, la Haute-Provence, comme la Basse, fut happée par le puissant Louis XI, et, désormais, chaloupe amarrée aux flancs du vaisseau France, suivit son sort. Ce ne fut pas, cependant, sans un soubresaut : la résistance provençale à l'annexion se traduisit par une vaine révolte du parti lorrain, localisée en Haute-Provence, au nord du Luberon, jusqu'à Forcalquier (1481). Les guerres de Religion (1559-1598 environ), qui ensanglantèrent la Provence, sévirent fortement dans de hauts pays; commencées d'ailleurs à Castellane, elles furent l'un des épisodes les plus tragiques de son histoire. Les sièges de Sisteron (1562), de Castellane et de Seyne (1586), la bataille d'Allemagne-en-Provence (1586) marquèrent particulièrement ces guerres, dues à la forte diffusion du protestantisme dans la région. Par contre, les deux derniers siècles de l'ancienne monarchie furent assez paisibles en Haute-Provence, quoique coupés par quelques événements douloureux ou tragiques; peste de 1629 (particulièrement à Digne où elle emporta la majeure partie de la population), peste de 1720, différentes opérations militaires pendant les règnes de Louis XIII, Louis XIV, Louis XV, mais à peu près limitées à la vallée de l'Ubaye, sauf pendant la guerre de la Succession d'Autriche (1742-1748) au cours de laquelle les Austro-Sardes occupèrent Castellane et s'avancèrent jusqu'à Moustiers-Sainte-Marie. Au traité d'Utrecht, en 1713, la vallée de l'Ubaye réintégra la Haute-Provence. La Révolution agita la Haute-Provence, mais sans doute moins que bien d'autres régions de France, Le signal des troubles fut donné par une agression à Manosque contre l'évêque de Sisteron (1789). Comme faits saillants, l'on peut citer une expédition militaire des Marsellais contre Digne en 1793. La guillotine ne se dressa pas dans le département des Basses-Alpes. Quelques ecclésiastiques périrent, victimes de violences. Par contre, le brigandage sévit fortement. Les Basses- Alpes furent traversées de Castellane à Sisteron par Napoléon Ier à son retour de l'île d'Elbe (3-5 mars 1815). Le coup d'Etat du 2 décembre 1851 provoqua un vif soulèvement, mais il fut brisé lors d'un combat près des Mées; une répression assez dure s'ensuivit. Si le 19ème bénéficia, particulièrement sous la monarchie de Juillet, de grandioses travaux publics, notamment routes, ponts et chemins de fer, qui mirent fin à un isolement multiséculaire, par contre la Haute-Provence connut, après un assez bref essor aux environs de 1830, une forte régression économique et encore plus démographique, qui se prolongea durant toute la première moitié du 20ème. D'un maximum de 159 045 habitants en 1836, la population passa à 83 148 en 1946. La guerre de 1914-1918 causa une cruelle saignée, surtout dans les couches rurales de la population. La guerre de 1939-1945 vit l'occupation de la Haute-Provence, d'abord par les Italiens, puis et surtout par les Allemands. Après presque deux siècles de paix, elle connut aussi des combats frontaliers dans la haute vallée de l'Ubaye. Pays de montagnes, de communications difficiles, la Haute-Provence hébergea de nombreux maquis. Des combats entre la Résistance et les Allemands eurent lieu, particulièrement vers Valensole, dans la cluse de Chabrières, dans la vallée de Barcelonnette. Des maquis furent exterminés, des villages brûlés par les Allemands. Lors du débarquement en Provence, les Américains effectuèrent quelques bombardements, à Digne, à Forcalquier, surtout à Sisteron où il y eut plusieurs centaines de victimes. Le 20 août 1944, les Américains pénétrèrent dans les Basses-Alpes, mais les Allemands se cramponnèrent dans la haute vallée de l'Ubaye, jusqu'en 1945.
Dans l'ensemble, le sol des Alpes-de-Haute-Provence est accidenté, montueux, d'un relief élevé; elles culminent à l'aiguille de Chambeyron (3 400 m). En fait, l'on peut distinguer diverses zones. Celle des plateaux, avec celui de Forcalquier, que limitent au sud la chaîne du Luberon, au nord celle de Lure, et ceux de Valensole et de Puimichel, tous plateaux d'ailleurs ondulés, vallonnés, qui occupent le sud-ouest du département et la partie comprise entre la Bléone et le Verdon. La zone des barres, qui prend en écharpe le centre du département, de Moustiers-Sainte-Marie jusque vers Bayons, offre de longs murs calcaires : ainsi barre de Reynier, barre des Dourbes, Serre de Montdenier. La zone des hauts massifs constitue le noyau de la charpente des Alpes-de- Haute-Provence. Son axe principal est formé par la chaîne des Trois-Evêchés, que pro- longent vers le sud le Cheval Blanc, le pic de Couard : c'est comme la colonne vertébrale de la Haute-Provence. Les autres grands massifs s'y rattachent, en quelque manière : ces montagnes abruptes, puissantes, qui enserrent la vallée de l'Ubaye (ainsi le Parpaillon, le Chambeyron), et, plus au sud, des blocs tels que Cordoeil, Chamatte, le Grand Coyer, les plis enchevêtrés de la région de Castellane. Enfin une zone, qu'on peut appeler les Causses, s'étendant sur les plateaux du haut Var et dont les Alpes-de- Haute-Provence ne possèdent que le rebord supérieur, ce formidable bouclier juras- sique dans lequel le Verdon a creusé son canyon. Ce relief compliqué est parcouru, incisé, fragmenté par les vallées d'un certain nombre de rivières. La Durance domine ce réseau hydrographique, car, à l'exception du Var, cantonné à l'extrémité sud-est du département, toutes les rivières, dont les principales sont l'Ubaye, la Sasse, la Bléone, l'Asse, le Verdon, confluent vers le canal durancien, artère respiratoire de la Haute- Provence. Pays de hauteurs, elle est particulièrement remarquable par la vigueur et la brutalité pittoresques avec lesquelles s'exprime son relief par l'extériorisation saisissante en de nombreux endroits de ses structures, de ses plis géologiques. Les rochers de Sisteron, les Pénitents des Mées, les cluses de Barles et de Chabrières, les Cadières de Brandis, surtout la formidable rainure du Verdon avec ses à-pic de 500 et 600 m, ne sont que les aspects les plus frappants d'une nature qui semble s'être complus à dresser ou à bousculer le roc, à le fouiller, à le sculpter avec un art fantastique. Aux accidents rocheux, il faut ajouter bien d'autres richesses en paysages : amples forêts qui, dues soit au reboisement artificiel, soit à celui, spontané, provoqué par la désertion des campagnes, couvrent d'une belle pelisse verte une grande partie du relief; lacs naturels comme celui d'Allos, ou artificiels comme ceux que forment les barrages de Serre-Ponçon, Castillon, Sainte-Croix. Ces beautés touristiques sont mises en valeur par le climat qui, méditerranéen dans l'ensemble, mais se nuançant d'alpestre au fur et à mesure qu'on va vers le nord, pare souvent les sites de ciels très purs, de soleils éclatants. Les ressources du pays sont tributaires, en bien et en mal, de ces conditions climatiques et orographiques. L'agriculture a presque entièrement délaissé la moyenne montagne, où elle était fort pauvre, faisant place à l'élevage du mouton, et s'est concentrée sur les plateaux, dans les vallées, principalement celle de la Durance. Lavande, cultures maraîchères, vergers, céréales, maïs prédominent. Le vignoble, qui donne quelques crus de qualité, est surtout l'apanage du sud de la vallée de la Durance et de ses coteaux. Les pâturages de la haute montagne continuent d'attirer la transhumance et assurent une certaine production laitière. Si l'équipement de la Durance a richement doté la Haute-Provence en énergie hydroélectrique, l'industrialisation n'est pas très forte; il n'existe que peu de grosses usines, la principale étant celle de Saint-Auban. En revanche, le tourisme, l'hôtellerie sont développés et constituent l'une des grandes ressources du département : ainsi en été, la région de Castellane, presque vide d'ordinaire, est surpeuplée. Les sports d'hiver ont pris de l'extension.
La Haute-Provence se manifeste tôt dans le domaine archéologique : les quatre colonnes de Riez, le baptistère de la même ville (5ème) ouvrent la marche. Le département est également assez remarquable par la conservation d'un certain nombre d'édifices de l'art préroman ou du roman primitif La crypte de la chapelle Notre-Dame de Dromon (commune de Saint-Geniez-de-Dromon) remonte au 9ème ou 10ème. L'église St-Donat étonne par la rudesse et la puissance de son architecture (11ème). Au même siècle appartiennent également l'église St-Martin de Volonne, la crypte de Vilbosc. Quelques édifices forment la transition entre l'art roman primitif et l'art roman proprement dit; ainsi les clochers de l'église de Mallefougasse et de Notre-Dame-du-Bourg à Digne. L'art roman a connu une très belle floraison en Haute-Provence, aux 12ème et 13ème. Son influence s'est fait sentir tardivement, tant il exprimait vigoureusement l'âme du pays. Les cathédrales de Forcalquier (N.-D-du-Bourguet, 12ème), de Sisteron (N.-D-de- Pommiers, 12ème), de Digne (N.-D.-du-Bourg, fin 12ème/13ème), de Senez (13ème), les églises de Seyne (12ème), de Ganagobie (12ème), de Moustiers-Sainte-Marie (12ème), etc., témoignent d'une architecture à la fois puissante et bien ordonnée. Par contre, l'art gothique a moins bien réussi dans la région. Tout en ayant donné la cathédrale St-Jérôme à Digne, l'église des Dominicains de la Baume-lez-Sisteron, quelques charmantes églises rurales (ainsi à Limans, à Sigonce) et des parties considérables d'édifices (ainsi dans la cathédrale de Forcalquier), il n'est pas distingué par des chefs-d'oeuvre comparables aux fleurons de l'art roman, ce qui n'exclut pas de nombreux et tardifs morceaux disséminés ici ou là; portails, addition de choeurs, de bas- côtés, etc. En effet, l'archaïsme caractérise la Haute-Provence. Le gothique s'y prolongea jusqu'au 17ème, voire jusqu'au 18ème. Et le roman s'est perpétué outre mesure, en des formes bâtardes, se mêlant au gothique, même au classique; on a alors de curieux mélanges, des structures ambiguës, ainsi dans la cathédrale d'Entrevaux. L'architecture classique n'a produit qu'assez peu de spécimens émérites, entre autres, l'église paroissiale de Jausiers, l'église des Visitandines à Forcalquier. Par contre, l'architecture militaire est assez bien représentée en Haute-Provence : le Moyen Age avec des portes fortifiées (ainsi à Manosque et à Riez), des tours ou des donjons (ainsi à Sisteron, à Castellane, à Saint-Martin-de-Brômes), des restes de remparts ou de citadelles (ainsi à Sisteron, à Castellane et à Mane), mais surtout le 17ème avec les travaux de Vauban : citadelles de Seyne et d'Entrevaux, villes fortifiées d'Entrevaux et de Colmars-les-Alpes, encore corsetées de leurs remparts anciens. Les châteaux, les bastides abondent, mais souvent rustiques, et peu ont un véritable prestige, encore moins remontent au Moyen Age, même en partie. Citons le château des Templiers à Gréoux-les-Bains (avec un donjon 12ème), les châteaux de Château-Arnoux et d'Allemagne-en-Provence (16ème), celui de Sauvan à Mane, le seul qui s'apparente véritablement aux grandes résidences d'âge classique de la région parisienne. L'architecture civile, elle, foisonne. Sans parler du Moyen Age, qui a pourtant laissé quelques morceaux isolés, la Haute-Provence peut se targuer d'une multitude de maisons anciennes, traçant de la fin du 15ème à nos jours un panorama complet des divers types et styles d'habitations. Et bien des villages et des petites villes ont gardé en leur coeur des masses compactes de passé qui nous transportent loin en arrière, dans un monde révolu. Au point de vue art pur, la Haute-Provence, pays économiquement assez déshérité, ne peut fournir un bilan aussi favorable. Cependant, elle ne laisse pas que de présenter certaines richesses artistiques, même étonnantes pour un pays naturellement pauvre. Ainsi, depuis une vingtaine d'années, on s'est avisé qu'un certain nombre de ses maisons, de ses châteaux recélaient des ensembles de gypseries, d'une qualité parfois extraordinaire, et aussi des cheminées très ornementées; l'hôtel de Mazan à Riez, la mairie-château de Volonne, l'hôtel de Ventavon à Sisteron sont particulièrement représentatifs à cet égard. La pauvreté du pays n'a pas empêché, non plus, d'embellir bien des églises d'objets et d'un mobilier parfois fastueux : retables et autels monumentaux débordant de sculptures et de dorures (ainsi à Cruis et à Bayons), tapisseries des Flandres et d'Aubusson dans la cathédrale de Senez, multiples témoignages de la dextérité des ébénistes d'antan, tels qu'orgues, chaires, stalles, etc., nombreux tableaux et statues. Par-dessus tout, il faut s'incliner devant ce miracle qu'a été la floraison de la faïence de Moustiers-Sainte-Marie aux 17ème/18ème, avec les Clérissy, les Olérys, les Ferrat, etc. On admirera toujours qu'une des sortes de faïences les plus raffinées qui aient existé ait surgi dans un pays arriéré, pauvre, à l'écart des courants artistiques, perdu dans un chaos de montagnes dépourvues de voies de communication.

5 632 km2
la Barre des Ecrins (4 102 m) dans le massif du Pelvoux.
Gap. 2 arrondissements . 30 cantons. 176 communes.
113 300 hab. (recensement 1990)
Sans remonter à l'âge du Bronze, le passé des Hautes-Alpes s'ordonne autour de celui des trois principaux ³ pays ² qui composent, aujourd'hui ce département : Le Briançonnais, l'Embrunais et le Gapençais où, après la conquête des Alpes par Auguste, en l'année 14, régna la ³ pax romana ². Christianisés au 5ème siècle, deux évêchés y furent créés : l'un à Embrun qui dominait la province des Alpes-Maritimes et qui s'annexa le Briançonnais vers le milieu du 11ème siècle; l'autre à Gap, intégré à la 2ème Narbonnaise. A la fin de ce siècle, les comtes d'Albon avaient fondé la première branche des "Dauphins de Viennois". Nos trois "pays" vinrent s'y réunir pour faire corps avec le Dauphiné qu'Humbert II "transporta" au royaume de France en 1349. Désormais leur histoire se confondit avec celle du royaume des lys. La guerre de Cent Ans fut marquée par l'intervention de Jacques Gélu, archevêque d'Embrun (1369-1432), auprès de Charles VII, en faveur de Jeanne d'Arc. Les guerres d'Italie amenèrent dans cette région-frontière un incessant mouvement de troupes dont elle eut fréquemment à souffrir, moins toutefois que lors des guerres de Religion qui valurent au Dauphiné le surnom de "Province des misérables". Deux noms dominent ce moment de l'histoire : celui de Guillaume Farel, l'un des grands réformateurs, né à Gap en 1489, et celui de François de Bonne, duc de Lesdiguières, né à St-Bonnet en 1543, mort à Valence en 1626, le dernier connétable de France, ami fidèle d'Henri IV, dont le début de la carrière prestigieuse fut marqué par la prise d'Embrun en 1585. Nouvelle épreuve pour les Hautes-Alpes, en 1692, avec l'invasion du duc de Savoie, Victor-Amédée II, qui ravagea tout le pays et finalement fut arrêté au col de Cabre où se situe l'épisode fameux de Philis de La Charce. Pour prévenir le retour de pareil événement, Vauban fortifia Briançon et bâtit la citadelle de Mont-Dauphin. En 1790, la Révolution démembra le Dauphiné en trois départements : Isère, Drôme et Hautes-Alpes, primitivement dénommés Est-Dauphiné, et laissa celui-ci dans une situation que Ladoucette, préfet de l'Empire, s'employa, non sans mal, à rétablir. En 1815, sur la route du retour, Napoléon fit étape à Gap où, dit-il, "il se sent en France". La guerre de 1914/18 creusa des vides irréparables dans les rangs des régiments alpins, notamment chez les "Diables bleus" (chasseurs alpins), ce qui contribua à aggraver la dépopulation du département. Le conflit mondial 1939-1945 le soumet à l'occupation italienne d'abord, puis allemande dont il fut libéré par les armées franco-américaines, secondées de l'intérieur par l'action des maquis.
Deux rivières essentielles drainent les eaux des Hautes-Alpes. Le Drac, grossi par la Romanche, les dirige vers l'Isère et Grenoble. Véritable épine dorsale de ce département, la Durance grossie du Guil (vallée du Queyras), de l'Ubaye et du Buëch, les conduit à la Méditerranée. Leur cours est fréquemment interrompu par des barrages, dont celui de Serre-Ponçon sur la Durance qui a créé un lac de retenue dont les deux branches longues, la première de 19 km, l'autre de 9 km, accumulent 1 200 millions de mètres cubes d'eau. Le haut et le moyen bassin de la Durance constituent une voie de passage (d'Espagne en Italie, disait-on jadis) et une limite climatique entre les Alpes du Nord et les pré-Alpes méridionales, déjà méditerranéennes. Dans les massifs du Briançonnais (Pelvoux, Meije, Ecrins) l'altitude des sommets avoisine les 4 000 mètres et même les dépasse avec la Barre des Ecrins (4 102 m), le point culminant de France avant la réunion de la Savoie sous le Second Empire. Dans la vallée du Queyras, le village de St-Véran (2 060 m), qui demeure le plus élevé d'Europe à être constamment habité. En Briançonnais toujours, dans un but de conservation de la nature, ont été créés postérieurement à 1950 le parc national des Ecrins et le parc régional du Queyras. Longtemps isolé, le département des Hautes-Alpes a été partiellement désenclavé, après 1875, par la construction d'une voie ferrée qui gagnerait à être prolongée en Italie. Cette situation obligeait la région à vivre en autarcie, ce qui, paradoxalement, se révéla pour elle avantageux, lors des années de restriction du deuxième conflit mondial. Le département, essentiellement rural (forêts, pâturages, fruits, élevage, vigne dans la vallée de la Durance, lait) fait depuis quelques années de sérieux efforts en vue de développer le tourisme d'été, notamment autour du lac de Serre-Ponçon, lieu de forte concentration estivale, et celui d'hiver dans des stations bien équipées, parmi lesquelles Mont-Genèvre, Serre-Chevalier, Vars, les Orres, Risoul, Ceüze).
Ici, les monuments éternels dressés par la nature laissent dans une ombre relative ceux dus à la main de l'homme. On ne s'étonnera pas de voir en cette frontière l'art militaire tenir la première place à Briançon et à Mont-Dauphin, grâce au génie de Vauban; mais dès le Moyen Age, de nombreux châteaux forts avaient constitué de solides défenses contre l'ennemi de l'extérieur aussi bien que de l'intérieur. Si la plupart d'entre eux ont aujourd'hui disparu, ceux de Château-Queyras, de Tallard actuellement en cours de restauration, et de Montmaur en sont les vestiges très significatifs. L'expression artistique la plus originale de cette région doit être recherchée dans l'Embrunais où l'art roman a bâti l'abbaye chalaisienne de Boscodon, en grande partie maintenant relevée de son état de déchéance, et où le gothique triomphe dans la belle cathédrale d'Embrun, dédiée à Notre-Dame-des-Rois, comblée de dons par Louis XI et visitée par plusieurs de ses successeurs qui en étaient chanoines d'honneur. Le 14ème et le 15ème siècles nous ont légué une floraison de peintures murales dues la plupart du temps à des artistes piémontais. Le 17ème a vu construire la basilique de Notre-Dame-du-Laus où se pressent toujours, de la Pentecôte au 8 septembre, des foules nombreuses de pèlerins. Il ne faut pas oublier de visiter le musée de Gap qui conserve, entre autres témoignages du passé de la région, de très remarquables parures de l'âge du Bronze, une collection unique de poteries romaines et le mausolée du connétable de Lesdiguières, oeuvre du sculpteur lorrain Jacob Richier. Enfin, le touriste attentif s'attardera dans la plupart des villages perchés ou des hameaux abrités au creux d'une vallée, pour y découvrir maisons-fortes et porches ornés, bergeries massives et linteaux sculptés, auvents de bois ou génoises à tuiles rondes, expressions de maîtres d'oeuvre anonymes, du lieu même ou de l'Italie du Nord, qui savaient traduire la fonction à travers l'esthétique. Emile ESCALLIER, Président de la Société d'Etudes des Hautes-Alpes.
4 298 km2
Mont Gélas : 3 143 m.
Nice. 2 arrondissements. 46 cantons. 163 communes.
971 829 hab. (recensement 1990)
La présence humaine est attestée dès la préhistoire. Des vestiges vieux de plusieurs centaines de milliers d'années ont été retrouvés au cours des fouilles. Les auteurs anciens grecs et latins désignent les populations autochtones sous le nom de Ligures. Les gravures rupestres du val des Merveilles, les Castellaras ou camps limités par des enceintes en pierres sèches sont les témoins de cette civilisation. La fondation de Marseille, vers 600 av. J.-C., par des Grecs originaires de Phocée, fut suivie de l'établissement de comptoirs ou colonies le long de la côte des Alpes aux Pyrénées, parmi lesquels les ports de Nice et d'Antibes. Les Romains apparurent dans la région au 2ème s. av. J.-C. et créèrent une vaste zone, la Provincia. La soumission complète des vallées alpines en 14 av. J.-C. détermina l'organisation des provinces, dont les Alpes-Maritimes avec Cimiez pour capitale. Après une période obscure qui s'acheva par l'expulsion des pirates sarrasins, la reprise d'une certaine activité économique conduisit des villes comme Grasse et Nice à se doter de consulat; leurs prétentions à l'indépendance furent réprimées, début du 13ème, par le comte de Provence qui rétablit fermement son autorité; la Provence acquit ensuite des comtes de Vintimille, Sospel, Saorge, Breil et leurs environs. En 1388, après la mort de la reine Jeanne, la Provence orientale avec Nice, Puget-Théniers, Barcelonnette et Sospel, fit sécession et reconnut la souveraineté de la maison de Savoie. Par contre, les pays à l'ouest du Var avec Vence, Antibes, Grasse restèrent unis à la Provence et passèrent à la Couronne de France en 1481. Nice devint un des points essentiels de la défense des états de Savoie (résistance contre les Turcs alliés aux Français en 1543); un système de fortifications fut mis en place au 16ème avec le château de Nice, les forts de Villefranche, du Mont-Alban et de Saint-Hospice. Du côté français, la réplique fut assurée par les places fortes d'Antibes (Fort-Carré), Saint-Paul, Entrevaux et Guillaumes. Le château de Nice fut rasé par les Français en 1706. Dès lors, Nice se tourna vers des activités pacifiques et chercha à développer son commerce (creusement du port de Lympia et construction de la route de Nice à Coni par le col de Tende). Vers la même époque apparut à Grasse la parfumerie (gantiers, parfumeurs). Quelques étrangers (Anglais et Français), attirés par le climat, commencèrent à venir à Nice pendant l'hiver. Sous la Révolution, le comté de Nice fut rattaché à la France et un département des Alpes-Maritimes fut formé; à la chute de l'Empire, la maison de Savoie recouvra ses anciennes provinces. En 1860, à la suite de la réalisation de l'unité italienne, le traité de Turin, suivi d'un plébiscite, décida la réunion à la France de la Savoie et du Comté de Nice. Le département des Alpes-Maritimes fut constitué par l'adjonction au pays niçois de l'arrondissement de Grasse détaché du département du Var. Depuis cette date, les Alpes-Maritimes, avec Nice et Cannes comme principaux centres, sont devenues une grande région de tourisme international. Le prolongement du chemin de fer, la création d'un réseau routier, l'aménagement de l'aéroport de Nice marquèrent les étapes de ce développement. Aujourd'hui, la montagne prend sa part de cette activité avec les stations de sports d'hiver.
Les Alpes-Maritimes sont caractérisées par un relief tourmenté allant du niveau de la mer aux altitudes élevées du massif du Mercantour qui dépassent les 3 000 m. Dans les hautes vallées, avant que les routes modernes n'aient été construites, des gorges étroites ont, pendant des siècles, rendu les communications difficiles, obligeant voyageurs et troupeaux à suivre des chemins de montagne de col en col. La variété des reliefs et de l'exposition entraîne des différences climatiques. Sur la côte, l'ensoleillement est le plus fort de France (environ 2 500 heures par an). Les pluies sont relativement rares, tombant surtout violemment à l'automne et au printemps (800 mm de moyenne annuelle). Douceur du climat sur la côte, fraîcheur des vallées, neige abondante en hiver dans le haut pays donnent un éventail de conditions météorologiques dont on trouverait difficilement ailleurs l'équivalent. Sur le littoral, les vents, mistral, labech, tramontane et lombarde modèrent les effets de la sécheresse. Dans l'ensemble, la côte, entre Cannes et Menton, bénéficie d'une température exceptionnellement tempérée en hiver, sans excès de chaleur en été. Les cours d'eau sont de deux sortes : ceux qui ont leur source dans la haute montagne (Var, Cians, Tinée, Vésubie, Roya) et ceux qui naissent, à une altitude moindre, dans les Préalpes (Paillon, Cagne, Estéron, Brague, Loup, Siagne). Les premiers sont largement influencés par les pluies d'automne et la fonte des neiges au printemps; le débit des eaux atteint alors son volume maximum. Les seconds ont un régime commandé par les pluies; cependant, alors que les autres rivières de ce groupe connaissent en été un assèchement à peu près total, le Loup et la Siagne ont un bon débit en toute saison, en raison des couches imperméables qui permettent la circulation souterraine des eaux et leur résurgence.
La période romaine a laissé d'importants témoins : le trophée de la Turbie et les vestiges de la ville de Cimiez avec l'amphithéâtre et les thermes. Le "premier art roman" qui a essaimé de la Lombardie aux Pyrénées, avec son décor extérieur de bandes et de festons, est bien représenté dans la région : Saint-Dalmas-Valdeblore, Châteauneuf-de-Contes, cathédrale de Vence...; il est poursuivi, dès la fin du 12ème, par des monuments où se révèle une maîtrise accrue dans la taille de la pierre (cathédrale de Grasse). Vers la fin du Moyen Age apparaît, dans les églises et chapelles, un ensemble de peintures groupées sous le nom de "primitifs niçois" dont les plus illustres représentants sont les trois Bréa : retables ou panneaux de bois et peintures murales généralement à la détrempe. Si l'architecture gothique et celle de la Renaissance. ont peu marqué dans nos régions, par contre l'art baroque y a été particulièrement florissant aux 17ème et 18ème : ornementation riche avec profusion de dorures, goût pour l'ellipse et la ligne courbe. Les exemples sont nombreux, et les églises du vieux Nice forment un ensemble particulièrement représentatif. Les monuments civils abondent également (palais du vieux Nice, château de Saint-André, parties refaites du château de Cagnes). L'exubérance baroque est parfois freinée par l'austérité classique, ainsi dans les hôtels particuliers de Grasse. Avec l'essor de la Côte d'Azur, des villas et des grands immeubles ont été élevés où les divers styles en honneur à la "belle époque" se sont donné rendez-vous. L'art moderne occupe une place de choix dans les Alpes-Maritimes. Auguste Renoir a passé les dernières années de sa vie à Cagnes; Henri Matisse a vécu longtemps à Nice et repose au cimetière de Cimiez. Raoul Dufy a séjourné à Vence, puis à Nice; Marc Chagall résidait à Saint-Paul, après être demeuré à Vence où Carzou habite depuis plusieurs années. Quant à Picasso, Antibes, Vallauris, enfin Notre-Dame-de-Vie à Mougins marquent les dernières étapes de sa carrière. Dans les vingt-cinq dernières années, en parallèle avec le "pop'art" né aux Etats-Unis, s'est développé un mouvement dit "école de Nice", dont les initiateurs sont Yves Klein, Arman, Martial Raysse, tous trois originaires de la région, auxquels s'est joint le sculpteur César; se réclamant du "nouveau réalisme", ces artistes, par des rapprochements inattendus ou, au contraire, en isolant un détail de son environnement, suscitent des effets de surprise qui tendent à bouleverser les idées couramment admises. Les musées, par leur nombre et leur qualité, avec les expositions organisées sur des artistes ou des thèmes déterminés, animent la vie artistique du département. L'art moderne y est largement représenté : Picasso à Antibes et Vallauris; Fernand Léger à Biot; Matisse et Chagall à Nice. La Fondation Maeght, à Saint-Paul, reconnue d'utilité publique, s'attache avec succès à faire connaître non seulement les grands artistes contemporains, mais aussi les tendances nouvelles qui se dessinent au rythme d'une continuelle évolution.
5 248 km2
Le pic de Bertagne (1 041 m.)
Marseille. 4 arrondissements. 47 cantons. 119 communes.
1 759 371 hab. (recensement 1990)
Créé en 1790 (avec à l'époque Aix pour chef-lieu) le département des Bouches-du-Rhône ne compte guère que 119 communes, mais sa riche histoire et le rayonnement de ses villes, Marseille tout particulièrement (2ème ville de France) et Aix, en ont fait un carrefour de civilisations, le centre de la Provence et l'un des éléments les plus dynamiques de l'actuelle Région Provence-Alpes-Côte-d'Azur. Dès l'an 600 av. J.-C., les Grecs, en fondant Massillia puis ses colonies semblent donner à cette province, occupée depuis le 1er millénaire, une vocation historique d'ouverture sur le monde méditerranéen. Intégré au sein de la "Provincia Romana" dès la fin du 2ème siècle, le pays, qui voit passer les Teutons défaits par Manus à Pourrières (près d'Aix) en 102 av. J.-C., se développe au gré de la civilisation gallo-romaine. De nombreux et beaux vestiges en témoignent comme à Arles (arènes, nécropole des Alyscamps utilisée jusqu'à la fin du Moyen Age) ou Saint-Rémy-de-Provence (Glanum). Haut-lieu du monachisme (Saint-Victor à Marseille), la région, qui subit les invasions successives des Barbares aux 5ème et 6ème siècles, est surtout marquée ensuite par les divisions des princes carolingiens qui l'entraînent à faire partie du "royaume d'Arles", dépendance des empereurs germaniques réunie à la Bourgogne (933): Guillaume-le-Libérateur, qui libère la Provence des Sarrasins en prenant le titre de marquis de Provence regroupe alors la féodalité provinciale des seigneurs (Châteaurenard, Fos, Baux guerres "baussenques" 1142-1165) jusqu'aux comtes ou vicomtes locaux (Marseille). En 1125, toutefois, c'est à nouveau la division entre comtat Venaissin, comté de Provence et comté de Forcalquier. L'actuel département des Bouches-du-Rhône confond alors son histoire avec celle de la Provence et de ses comtés. En 1246, Béatrice, fille du comte de Provence Raimond Bérenger V (1216-1246) épouse Charles d'Anjou, frère de Saint-Louis, lui apportant la Provence en dot. C'est alors la 1ère maison d'Anjou, Jeanne d'Anjou toutefois, étant morte sans enfants (1382), la succession passe à Louis Ier, frère de Charles V, et la Provence relève de cette 2ème Maison d'Anjou jusqu'à sa cession par le roi René à son neveu Charles du Maine, en 1480. La mort de ce dernier, en 1481, réalise enfin l'union de la Provence à la France. La paix alterne alors avec les périodes de troubles et d'invasion : ainsi, en 1524, les troupes du connétable de Bourbon mettent le siège devant Marseille; en 1536, celles de Charles Quint envahissent la Provence. Encore agitée aux 17ème et 18ème siècles (peste de 1720), l'histoire de la région est surtout marquée par la rivalité administrative et politique entre Marseille et Aix; siège du gouvernement, d'un Parlement, d'une Chambre des Comptes, d'une Université (depuis 1409) et lieu de réunion des Etats de Provence. La Révolution qui voit naître le chant de Rouget-de-l'Isle popularisé par les Marseillais ralentit dans un premier temps l'économie du pays (blocus continental), mais les conquêtes coloniales, l'installation du chemin de fer et l'ouverture du canal de Suez lui rendirent son dynamisme. Agricole dans l'arrière-pays, le département des Bouches-du-Rhône développe dès le 19ème siècle son industrie, ainsi à Marseille (huileries, savonnerie, port) et, au 20ème siècle, sur la côte (complexe de l'étang de Berre, raffinerie de Fos) montrant ainsi un double visage à la fois antique et moderne, paysan et marin, provençal et cosmopolite. Marseille, à la population expansive (rapatriés d'Afrique-du-Nord, émigrés) y fait figure de métropole régionale et de capitale industrielle, politique et culturelle.
Carrefour de civilisations, la Provence est aussi dans sa partie sud-ouest terre de contrastes et de partage entre mer et montagne. A l'ouest du département, la Camargue, avec ses 26 000 hectares d'étangs, ses marécages et ses rizières, reste le royaume encore préservé des taureaux, des chevaux et d'une faune colorée riche de 400 espèces différentes (Vaccarès). La Crau, de l'autre côté du Grand Rhône, où peu à peu les cultures maraîchères empiètent sur les cailloux rejetés par la Durance, forme entre les Alpilles et l'étang de Berre une aire désolée où souffle le mistral. A l'est, les massifs calcaires (Alpilles, Sainte-Victoire, chaîne de l'Etoile) alternent avec les plaines plus riches; il s'y développe le blé, la vigne, l'olivier traditionnels, mais surtout les fruits et légumes de Provence. Les activités maritimes et la pêche animent en revanche la côte, de Saintes-Maries-de-la-Mer à La Ciotat. Image idyllique et brillante sous le soleil du midi, que vient à peine troubler dans la mémoire historique le souvenir du tremblement de terre qui, le 11 juin 1909, dévasta tout le nord-est du département. Plus sensibles sommes nous sans doute aux difficultés des mines de Gardanne ou aux incendies qui, l'été, ravagent périodiquement les abords du département. D'une manière générale pourtant, le touriste retiendra plutôt, au gré de ses vacances méridionales, la beauté des flamands roses de Camargue, la lumière des coteaux de Manosque, le chaud parfum de la garrigue ou l'âpreté des calanques de Cassis baignées par la mer.
Bien avant que Rome n'imprime sa marque à la "Provincia", le terroir avait connu une vie artistique dont on peut trouver les premières traces dès l'époque préhistorique. Les fouilles archéologiques ont permis de découvrir, pour les siècles suivants, des villages, des sanctuaires, des nécropoles pré-romaines qui sont parmi les plus curieux du Midi, ainsi à Mouriès, à Roquepertuse (temple), à Entremont (cité près de la Vallée de l'Arc), à Saint-Blaise (agglomération marchande, remparts). Apports étrusques et influence grecque s'y mêlent. Les innombrables céramiques conservées, les vestiges de Marseille (le théâtre, le port) et les monnaies massaliètes inspirées des modèles helléniques témoignent de la vitalité économique de la région durant cette période, et de son originalité. Les traces laissées par la conquête romaine sont toutefois plus nombreuses et plus imposantes. Les plus anciens monuments gallo-romains ne datent guère que de la seconde moitié du 1er siècle; c'est avec Auguste que l'architecture se développe avec grandeur : à Glanum (mausolée de Jules, arc de triomphe, thermes), à Arles (arènes, théâtre, murs), à Saint-Chamas même (pont Flavien). Le christianisme, en s'installant en Provence, apporte un renouvellement des thèmes et des formes annonçant l'art roman. Le musée d'Arles, le musée Borély à Marseille en gardent les plus belles pièces : autel de Saint-Victor à Marseille, pierres tombales comme celle de Geoffroy de Provence enterré à Montmajour en 1062, sarcophages. C'est entre 1125 et 1225 toutefois que la renaissance romane trouve son véritable essor avec Arles pour capitale : Saint-Trophime, Sainte-Croix de Montmajour, la Major à Marseille, Saint-Paul-de-Mausole et la petite église Saint-Gabriel près de Tarascon, témoignent de la sobriété de cet art provençal encore marqué par le modèle antique où la décoration sculptée s'épanouit surtout sur les clochers, sur les portails, aux chapiteaux des cloîtres. L'art gothique en revanche a du mal à s'implanter; il faut attendre la seconde moitié du 13ème siècle pour trouver un édifice entièrement gothique, l'église Saint-Jean-de-Malte à Aix. Saint-Laurent de Salon, avec son clocher au beffroi octogonal de la fin du 14ème siècle, retient toutefois l'attention (Nostradamus y est par ailleurs enterré) ainsi que le choeur d'Arles avec son déambulatoire gothique, le seul de Provence (1454-1465). L'architecture civile et militaire se développe au contraire avec puissance, surtout dans la région rhodanienne : tours aux Baux, Châteaurenard, Tarascon, Salon, Barbentane, mais aussi fort Saint-Jean à Marseille ou fortifications de Saint-Victor. Arles est peu à peu détrônée au profit d'Aix et surtout d'Avignon (Vaucluse). La Renaissance permet à la Provence de renouer avec l'antiquité au moment même de son rattachement à la France. Les oeuvres du sculpteur italien Francesco Laurana l'illustrent à merveille: ainsi le retable de Saint-Lazare à la Major de Marseille, le gisant de Tarascon. De même l'architecture reste marquée par cette influence comme la Maison diamantée et le château d'If à Marseille et surtout la ville des Baux, ensemble remarquable de la fin du 16ème siècle (maison des Porcellet, pavillon de la reine Jeanne). Mais, malgré les efforts du roi René lui-même, la Renaissance marque peu la Provence. La poésie retiendra certes le nom de Bellaud de la Bellaudière; l'humanisme, celui remarquable, de Peiresc, mais il faut attendre la période classique pour voir se développer véritablement l'art en Provence : Aix en est un exemple frappant avec Sainte-Madeleine ou Saint-Jean-Baptiste, mais aussi Marseille avec la Charité de Pierre Puget et son dôme ovoïde (1679-1707) ou l'église des Chartreux (1680-1702). Vauban, le chevalier de Clerville, marquent aussi de leur influence l'architecture militaire (forts Saint-Jean et Saint-Nicolas à Marseille), tandis que l'architecture civile réalise de beaux exemples avec l'Hôtel-de-Ville de Marseille ou celui d'Aix, la halle aux grains d'Aix ou l'ancien Palais de Justice de Marseille, sans parler des hôtels particuliers ou maisons des champs à Aix qui offrent d'agréables buts de promenades (cours Mirabeau, Rotonde, pavillon Vendôme). Le nom de Pierre Puget à Marseille (1620-1694), celui de Jean-Claude Rambot à Aix illustrent la sculpture provençale au 17ème siècle. Au 18ème, il faut retenir, entre autres, celui d'Antoine Duparc et celui de Chastel. En peinture la dynastie des Parrocel, celle des Vanloo, celle des Vernet, Françoise Duparc elle-même, font hommage à la Provence classique, tandis que se développe l'art de la faïence à Marseille (Clérissy, Fauchier, Leroy, Perrin). La Révolution arrête brusquement cette production qui repart au 19ème siècle avec cette fois une influence marquée de l'art romano-byzantin (cathédrale de Marseille, Notre-Dame-de-la-Garde) un retour au gothique (Les Réformés) ou la création d'un art composite Napoléon III (Palais Longchamp à Marseille). L'architecture se fait alors monumentale et utilitaire (jetée de Marseille, aqueduc de Roquefavour), en attendant usines, autoroutes et docks, sans pour autant laisser de très grands noms (sauf au 20ème siècle Le Corbusier à Marseille). La peinture au contraire compte dans ses rangs Constantin, Granet, puis à la génération suivante Loubon, Engalière, Guigou, mais surtout Daumier, Monticelli, Ricard à Marseille et Cézanne à Aix. Tous célèbrent les paysages méridionaux et la lumière que le hollandais Van Gogh saura si bien évoquer et qui, de Mistral à Giono, Pagnol ou André Suarès, en passant par Victor Gelu et même Edmond Rostand, jaillit avec tant de force dans la littérature provençale.


5 992 km2
la Montagne de Lachens (1 715 m).
Toulon. 3 arrondissements. 41 cantons. 153 communes.
815 449 hab. (recensement 1990)
Entre les Alpes-Maritimes scintillantes et la plénitude des Bouches-du-Rhône, le Var s'impose comme la Provence profonde. Son histoire a connu les mêmes péripéties que les départements voisins dont il n'est séparé administrativement que depuis la Révolution. Les Massaliètes sont présents à Tauroentum (Le Brusc), Olbia (Hyères) et Saint-Tropez. Les Romains font de Fréjus et de Riez leurs plus importantes garnisons (Fréjus était le deuxième port de la Méditerranée antique après Ostie). Les Barbares aux 5ème et 6ème siècles, puis les Arabes à partir du 8ème siècle, tenteront de s'approprier son territoire (ces derniers se maintinrent à La Garde-Freinet jusque sous la monarchie). Les comtes de Provence, au 12ème siècle, succédèrent au Saint-Empire, pour remettre en 1481 au royaume de France la dernière belle province qui lui échappait. Cela n'empêcha pas d'autres malheurs tels que les campagnes de Charles-Quint, les massacres des guerres de Religion et de la Ligue, les guerres de succession d'Autriche et d'Espagne, les déprédations de la Révolution. Le 17ème siècle consacra Toulon comme premier établissement naval. Enfin, les Etats de Provence l'administrèrent jusqu'à la découpe en départements par la Révolution. C'était alors un vaste territoire comprenant la majorité de la Provence maritime, des calanques marseillaises aux rives du Var; après l'annexion du comté de Nice en 1860, l'arrondissement de Grasse fut rattaché au département des Alpes-Maritimes nouvellement formé : ainsi le département continue à porter le nom d'un fleuve qui ne le traverse plus. Lors de la dernière guerre, en 1942, Toulon fut le témoin du triste sabordage de la flotte française par son propre amiral, mais eut la joie, en 1944, d'être le théâtre du débarquement des troupes alliées. Le Var resta toujours une région farouche et intraitable, comme on l'a vu en 1974 à la suite du transfert - assez inexplicable - de la préfecture de Draguignan à Toulon.
Le département représente une mosaïque géologique, qui se retrouve dans son relief. On distingue cinq régions principales : - Au nord et surtout au nord-est, les Préalpes tertiaires qui s'étagent de 1 700 m jusqu'aux vallées centrales. Le Verdon, au nord, s'enfonce jusqu'à 700 m dans un plateau rocheux; celui-ci se poursuit au sud par les Plans de Canjuers, désert minéral d'aspect lunaire, phénomène érosif de type karstique. - Au centre, le moyen Var s'étale selon une succession de "plans" arables, cloisonnés de collines, riches bassins alluvionnaires tels que ceux de la Nartuby, de l'Argens, du Reyran, du Gapeau ou de l'Issole. - A l'ouest, les derniers reliefs calcaires du plissement alpin viennent mourir en vagues de crêtes parallèles, hautes de 300 à 700 m, telles que la Sainte-Baume et l'extrémité orientale de la montagne Sainte-Victoire. - Au sud, les massifs cristallins primaires, de formation hercynienne, des Maures et de l'Estérel dominent le littoral. Leur très ancien relief a été raboté et disloqué, mais offre encore un aspect sauvage d'accès impénétrable. - Tout au long de la côte (300 km), court un corridor, entaillé de profonds ravins, qui borde un superbe littoral où les rochers polychromes alternent avec de belles plages de sable fin. Le climat est sec et sain (le plus ensoleillé de France entre Toulon et Saint-Tropez) et ne subit que les effets atténués du mistral. Le Var ouvrit la préhistoire du tourisme avec Hyères dès le 18ème siècle. Depuis, le tourisme balnéaire est devenu l'une des ressources essentielles du département. Les vignobles, l'olivier et les cultures fruitières et maraîchères occupent les plaines. Les moutons et l'exploitation forestière se cantonnent dans le haut Var. L'industrie exploite la quasi-totalité des mines françaises de bauxite, ainsi que les marbres et porphyres de l'Estérel. On note aussi la métallurgie, les produits issus de l'argile, l'agroalimentaire, l'artisanat d'art.
L'art est partout présent à travers des manifestations, humbles ou glorieuses: témoignages d'une active présence préhistorique et protohistorique avec de nombreux ouvrages mégalithiques; vestiges romains (Fréjus, première garnison des Gaules); près de 2 000 sanctuaires, de la modeste chapelle rurale aux sommets du roman (Le Thoronet) ou du gothique (Saint-Maximin); architecture défensive et portuaire (Toulon, Saint-Tropez, Brégançon, châteaux forts) ; villes médiévales (Draguignan, Barjols, Brignoles); ensemble d'admirables villages perchés, du littoral à la montagne; plus de soixante-dix musées, une vie artistique active et un artisanat créateur renouvelé. Enfin, dans presque chaque agglomération ou village rural, des maisons modestes ou somptueuses, fruit d'une élaboration parfaite à travers les siècles d'artisans régionaux qui "savaient", sans rien devoir au "pavillonnaire" néo-provençal.
3 743 km2
le mont Ventoux (1 912 m).
Avignon. 3 arrondissements, 24 cantons, 151 communes.
467 075 hab. (recensement 1990)
Placée au nord-est du confluent de la Durance et du Rhône, presque au débouché du couloir rhodanien, sur le passage de l'Italie vers l'Espagne, la région fut de tout temps un creuset de civilisations, de la période épi-paléolithique des abris (environ 10 000 avant notre ère) jusqu'à la fin du 18ème. Ce qui surprend dans le passé de ce territoire, c'est l'absence de véritable métropole qu'explique et renforce la juxtaposition d'entités ethniques ou politiques : tribus celto-ligures des Cavares, Menlini, Tricastins, Voconces, Vordenses, Vulgientes et Dexsiviates colonisées par César, qui établit des vétérans à Avignon, Orange, Apt et Carpentras. Vespasien (69-79) fait dresser le cadastre d'Orange dans une campagne traversée par la voie d'Agrippa, d'Arles à Lyon, tandis que la voie de Domitien se dirige vers Milan par Cavaillon, le pont Julien et Apt. Après les invasions des Alamans et des Vandales, Avignon la burgonde est assiégée par Clovis (500), disputée entre les Ostrogoths et les rois mérovingiens, ceux d'Austrasie. Charles Martel en chasse les Arabes. De grandes abbayes extérieures au pays étendent leur domaine : Bénédictins de Villeneuve-lès-Avignon de Montmajour et de Saint-Victor de Marseille, Clunisiens de Pont-Saint-Esprit dans les diocèses d'Avignon, Cavaillon, Carpentras, Orange, Vaison, Apt et voisins. Composante des royaumes successifs de Provence, de Bourgogne, puis de l'Empire, le pays est l'objet de rivalités entre les comtes de Toulouse et de Barcelone jusqu'au partage de 1125, qui laisse indivise Avignon Les Baux, princes d'Orange, les d'Agoult, comtes de Sault, les Reillane, les Venasque, les Mévouillon, les Mondragon, les Sabran, Giraud Amic, Simiane, Remond de Modène et Astouaud partagent presque à l'infini leurs seigneuries et droits entre leurs héritiers. La répression de l'hérésie albigeoise, embrassée par la maison de Saint-Gilles-Toulouse, par Louis VIII (1226) et la politique matrimoniale des Capétiens révèlent les deux frères de Saint Louis, Charles d'Anjou, futur roi de Sicile, et Alfonse de Poitiers : ils abolissent la "république" consulaire d'Avignon et se partagent la région, l'un comme comte de Provence, l'autre comme comte de Toulouse ou marquis de Provence; c'est le Comtat Venaissin. En 1274, la papauté assume définitivement l'administration du Comtat avec Pernes comme siège du recteur et renforce son pouvoir avec l'arrivée de Clément V, en 1309, puis l'érection de Carpentras en capitale (1320). Jean XXII et ses successeurs reculent les frontières septentrionales de l'Etat en recevant des Hospitaliers de Saint- Jean de Jérusalem les biens confisqués du Temple et en réalisant des achats auprès du dauphin de Viennois. Même si Avignon est achetée (1348) à la reine Jeanne de Naples, comtesse de Provence, la capitale administrative de la papauté ne peut supplanter Rome dans sa primauté religieuse. Des grands légats du 15ème s., Ia vice-légation d'Avignon garde un pouvoir de juridiction gracieuse (dispenses et bénéfices) qui s'étend à tout le Sud-Est. La création de la province ecclésiastique du comtat fait de Julien Della Rovere. futur Jules II. le premier archevêque d'Avignon (1475), prépondérance italienne illustrée par les familles Pazzi, Baroncelli, Ricci, Peruzzi, Doni, Fortia. La mort du roi René permet la réunion du comté de Provence (1483) à la Couronne : pays de Sault, d'Apt, Pertuis et d'Aigues. Le roi traite d'ailleurs Avignonnais et Comtadins en "régnicoles", intervient à l'occasion des guerres contre l'Empire ou de Religion (Vaudois, 1545), fait occuper ces états en cas de conflit avec le pape sous Louis XIV et Louis XV, ou encore confisque aux Nassau protestants la principauté d'Orange, impose la suppression de l'industrie des toiles peintes et de la culture du tabac (concordat de 1734). Avec la Révolution, la population avignonnaise adopte des idées et mesures parisiennes, entre en conflit avec Carpentras et le haut Comtat (massacre de la Glacière). Après réunion à la France d'Avignon et du Comtat (1791), le département de Vaucluse est créé (25 juin 1793) pour briser le fédéralisme. La résistance au coup d'Etat de Louis-Napoléon (2 décembre 1851) est forte, et de vives luttes électorales ont lieu tout au long de la IIIème République, où les partis radical (Edouard Daladier) et socialiste marquent la vie politique. Il y a un peu plus de quarante ans, enfin, la configuration du pays favorisait l'apparition précoce des "maquis" (Sault, Apt, Luberon) de résistance à l'occupation.
Beaumes-de-Venise offre des traces de l'énorme accumulation de gypse de l'époque du trias, tandis que celui de Mazan se situe à l'aube de l'oligocène et fournit la plus importante réserve de plâtre d'Europe. Le crétacé est à l'origine des chaux de Robion (calcaires massifs des monts de Vaucluse), mais aussi des sables blancs de Bédoin et des argiles réfractaires de Bollène. Les carrières de pierre de taille (pierre du Midi) de l'époque burdigalienne, sont nombreuses de part et d'autre du torrent du Cavalon, entre Luberon et plateau de Vaucluse, mais on en exploite aussi au sud du Ventoux et dans la région de Vaison. Les graviers des terrasses du Rhône et de la Durance, à l'aube du pléistocène, fournissent des granulats. L'instabilité du climat, avec ses précipitations orageuses, la violence du mistral, l'aridité de l'été, les crues automnales du Rhône et la sécheresse de l'hiver n'ont pas empêché les agriculteurs de tirer le maximum du sol grâce à l'eau, celle de la Sorgue née de la fontaine de Vaucluse, mais aussi des canaux médiévaux de Saint-Julien et de l'Hôpital, du canal Crillon, de Carpentras, de Pertuis- Cadenet, de Pierrelatte. Après les époques de culture de la garance, des papeteries et des textiles (18ème et 19ème s.), l'économie, favorisée par une forte croissance démographique due à l'immigration, repose sur la culture des fruits (premier département producteur de pommes, cerises et raisins de table; 2ème producteur de poires et fraises) et des légumes (1er producteur de tomates de conserve et melons, 2ème producteur pour les asperges, aulx, courgettes et oignons). Les vins représentent environ 5% du chiffre d'affaires du vignoble français.
Les Romains de la "Provincia" ont laissé des vestiges importants de leur goût des spectacles et des triomphes, mais aussi des communications : Orange, Vaison, Carpentras, Cavaillon, ponts Julien et de Vaison. La quantité de petits évêchés a provoqué la construction de cathédrales romanes (parfois sur des fondations antérieures, comme Vaison), parfois agrandies à la période gothique, dans son adaptation méridionale caractérisée par la simplicité. L'insécurité amena les papes à édifier un palais-forteresse et à ordonner la remise en état des remparts des villes et villages, mais ils attirèrent, imités par les cardinaux, de nombreux artistes. Outre les ruines médiévales de la vallée du Rhône (Mondragon, Mornas, Uchaux, Lhers, Châteauneuf-du-Pape), c'est de la période transitoire des 15ème-16ème que subsistent les plus beaux exemples de châteaux : Saumane, Gordes (décoré par des oeuvres de Vasarely), Lourmarin, Ansouis, tandis que la Tour-d'Aigues offre le cas exceptionnel de l'introduction du style de la Renaissance. Les églises de l'époque classique se distinguent par la richesse de leurs buffets d'orgue comme par l'élégance des cages en fer des campaniles. Les synagogues de Carpentras et de Cavaillon nous sont parvenues dans l'état raffiné de l'art du 18ème. Des dynasties d'artistes, parmi lesquelles il est fréquent de rencontrer architectes et peintres, parfois des sculpteurs, nous ont laissé d'importants témoignages de leur habileté : les Mignard, Royers de la Valfenière, Franque, Parrocel, Péru, Vernet. Plus près de nous, ont entretenu la réputation d'un pays ami des arts des peintres comme Paul Vayson, Laurens, Grivolas, Manguin, Seyssaud. Michel HAYEZ, Directeur des services d'archives de Vaucluse.
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